Une image prise de YouTube montre les cadavres de deux hommes, qui auraient été exécutés par les soldats syriens, abandonnés sur un chariot en pleine rue à Homs. Ils ne peuvent être évacués à cause des francs-tireurs qui sévissent et prennent pour cible toute personne qui tente de s’en approcher. Photo AFP
Tripoli offre une aide de 100 millions de dollars
Entre-temps à Alep, des centaines d’étudiants ont manifesté à l’université en solidarité avec les villes assiégées par l’armée. Quatre personnes ont été arrêtées, ont indiqué une ONG et des militants. Parallèlement, le Conseil national syrien (CNS), principale composante de l’opposition, a annoncé la création d’un « bureau militaire » chargé de superviser « la résistance armée ». Un porte-parole du CNS a indiqué que la décision avait été prise en « coordination » avec l’ASL. En outre, la Libye a décidé d’allouer une aide de 100 millions de dollars aux Syriens. Le CNS a ouvert un compte bancaire qui sera utilisé pour « fournir une aide financière à des fins humanitaires (...) », a indiqué un porte-parole du gouvernement libyen, Mohammad al-Harizi. Il n’a en revanche pas fait mention d’une aide militaire aux rebelles.
Sur le plan des réactions internationales et de la diplomatie, les États-Unis ont fait part à la Syrie de leur « indignation » face au « pilonnage » de Homs, a annoncé le département d’État US. Selon la chaîne de télévision satellitaire al-Arabiya, le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, aurait intercédé auprès de Washington pour que les États-Unis ne fassent pas trop pression sur le régime Assad. Pour leur part, les chefs de la diplomatie allemande, française et polonaise se sont prononcés à Berlin contre l’impunité des responsables de violations des droits de l’homme en Syrie, qui doivent être traduits en justice. De leur côté, les députés koweïtiens ont voté à une écrasante majorité une recommandation pour reconnaître le CNS en tant que représentant légitime du peuple syrien.
Quant à la Chine, soutien indéfectible de Damas, elle multiplie les initiatives. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, s’est entretenu par téléphone avec ses homologues saoudien et algérien, Saoud al-Fayçal et Mourad Medelci, de la situation en Syrie. Il a également eu un entretien avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi. La presse chinoise a rapporté que M. Jiechi s’était dit favorable à l’envoi d’une aide humanitaire en Syrie lors de ces discussions téléphoniques. Toutefois hier, les autorités syriennes ont refusé à la responsable des opérations humanitaires de l’ONU, Valerie Amos, l’autorisation d’entrer en Syrie pour évaluer la situation sur le terrain.
D’autre part, le Conseil de sécurité de l’ONU est saisi d’un nouveau projet de résolution sur la Syrie, réclamant un cessez-le-feu humanitaire, a indiqué le ministère français des Affaires étrangères. Selon un diplomate occidental, la rédaction du texte avance lentement et la question-clé reste la position de Moscou, qui dépend en partie de l’élection présidentielle russe de dimanche. Parallèlement, Kofi Annan, émissaire spécial des Nations unies et de la Ligue arabe pour la crise en Syrie, était attendu à New York pour rencontrer le secrétaire général Ban Ki-moon et des chefs d’États membres de l’ONU. Le chef de la diplomatie syrienne, Walid Moallem, a quant à lui demandé à l’ONU de lui préciser l’objectif de la mission confiée à M. Annan.
(Sources : agences et rédaction)


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