La veille, celui que l’austère Carlos Dunga avait banni de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud a fêté contre la Bosnie-Herzégovine sa quatre-vingt-dix-neuvième sélection (victoire du Brésil 2-1), après avoir manqué les deux matches de novembre au Gabon (2-0) et à Doha (Qatar) contre l’Égypte (2-0). Mais ce n’était pas pour sanctionner une énième virée du toujours affable prodige dans une des boîtes branchées de Rio de Janeiro. Comme Neymar, Ganso et tous les internationaux évoluant au Brésil, Ronaldinho avait simplement été laissé à la disposition de son club, alors en plein championnat.
Une heure et puis s’en va...
Face aux Bosniens de Safet Susic, un autre virtuose passé quelques années avant lui par le Paris SG et le Parc des Princes, Ronnie n’a diffusé son génie qu’avec parcimonie. Les sifflets précoces des supporters bosniens – eux qui aiment pourtant jusqu’à la passion les artistes – ne l’ont sans doute pas atteint. Installé juste derrière Leandro Damiao et Neymar, il a touché son premier ballon au bout de trente secondes, mais n’a pas été associé à l’ouverture du score de Marcelo (3e), laissant à Daniel Alves, une autre star de la Seleçao, endosser le rôle du passeur.
À Saint-Gall, Ronaldinho a fait du Ronaldinho version light. À bientôt 31 ans (il les aura le 21 mars prochain), l’homme aux presque 100 sélections va entamer une carrière de marathonien. Son style est resté le même. Des déviations (beaucoup), un penchant jamais démenti pour le jeu à une ou deux touches de balles, des contrôles souvent parfaits, et une capacité à alterner passes courtes et longues qui a contribué à forger son identité. Mais l’ancien Barcelonais a parfois péché par nonchalance, notamment sur quelques coups francs (8e, 43e) et plusieurs ballons d’un abord pourtant facile, jusqu’à ce que Mano Menezes décide de le remplacer par Ganso à l’heure de jeu. Pas convaincant, mais l’entraîneur espère quand même pouvoir compter sur lui pour la CM...

