Au plan sécuritaire, d’abord, l’un des ulémas de la région de Saïda, cheikh Ahmad el-Assir, a ainsi appelé hier à l’organisation d’un sit-in anti-Assad, dimanche prochain, à la place des Martyrs, dans le centre-ville de Beyrouth. Cet appel a suscité une vive réaction dans les milieux du 8 Mars qui ont mis en garde contre une telle initiative, qualifiant de « développement grave » le fait que cheikh el-Assir ait décidé d’organiser un rassemblement anti-Assad en dehors de son champ d’action traditionnel, en l’occurrence la région de Saïda. « Le Liban ne peut pas supporter les conséquences d’une telle action dans les circonstances présentes », affirment les sources du 8 Mars.
Cette réaction ne semble pas avoir refroidi outre mesure la détermination de cheikh el-Assir qui a réaffirmé sa volonté de « maintenir le sit-in en signe d’appui à l’opposition syrienne car nous ne pouvons pas nous taire tant que des frères à nous sont soumis à l’oppression ». « Notre sit-in est pacifique, a relevé le dignitaire sunnite. Nous sommes au Liban et non pas dans l’État du parti Baas » syrien.
Sur un autre plan, mais toujours dans le chapitre sécuritaire, l’agence d’informations syrienne SANA a affirmé hier que « les autorités concernées ont fait échec à une infiltration d’un groupe terroriste armé en direction de la Syrie, dans la province de Tell Kalakh, à la frontière libano-syrienne ». Une source syrienne pro-Assad a affirmé que « trois éléments armés de ce groupe ont été tués et plusieurs autres blessés, tandis qu’un élément relevant des autorités concernées a été blessé ».
Un opposant syrien s’en prend au Hezbollah
Par ailleurs, un opposant syrien, Mohieddine el-Lazkani, membre du Conseil national syrien, a lancé une virulente attaque contre le Hezbollah, l’accusant de s’être implanté à la frontière libano-syrienne afin d’empêcher « l’acheminement de l’aide aux Syriens ». « La Syrie est aujourd’hui sous une triple occupation locale, russe et chinoise », a-t-il affirmé, avant de se demander « comment le Hezbollah peut encore prétendre être une résistance alors qu’il combat au côté du régime syrien et qu’il tue des Syriens ». « Les discours de Hassan Nasrallah en faveur du régime syrien signifient que la résistance (le Hezbollah) a renié ses principes », a-t-il ajouté.
Au plan politique, le député Jamal el-Jarrah, membre du bloc du Futur, a déclaré hier que le bilan de la conférence de solidarité avec le peuple syrien, qui s’est tenue le week-end dernier à Tunis, a été « sans commune mesure avec l’ampleur du drame vécu par le peuple syrien, le nombre de victimes et l’importance des dégâts et des tueries sauvages qui se sont produites ». M. Jarrah s’est d’autre part élevé contre la position de certaines factions locales qui s’emploient à « préserver le régime syrien et à occulter la répression et les crimes qui sont perpétrés ».
Attaque de l’ambassadeur syrien contre la démocratie au Liban
Dans le camp opposé, l’ambassadeur de Syrie au Liban, Ali Abdelkarim Ali, a lancé une attaque frontale contre le système démocratique libanais, déclarant à ce propos : « La démocratie au Liban souffre de beaucoup de lacunes. Par voie de conséquence, le Liban n’est pas un modèle que nous devons prendre en exemple. » L’ambassadeur syrien a d’autre part lancé « des reproches à l’égard du Liban », soulignant à cet égard que « ce que nous voulons, c’est que le gouvernement fasse son devoir afin qu’aucun préjudice nous soit causé ».
Au plan strictement local, il convient d’indiquer que plusieurs personnalités du 8 Mars ont applaudi au référendum organisé dimanche par le pouvoir baassiste. L’ancien président Émile Lahoud – qui a reçu hier le ministre Sélim Jreissati – a ainsi « félicité le peuple syrien pour cet acquis fondamental réalisé à l’occasion du référendum sur la nouvelle Constitution ». Même son de cloche au niveau de l’ancien député Abdel- Rahim Mrad qui a adressé un message de félicitations à Bachar el-Assad après l’organisation du référendum sur la nouvelle Constitution.


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12 h 13, le 29 février 2012