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Moyen Orient et Monde - Analyse

Damas compte sur le référendum pour appuyer sa légitimité

Assad a ratifié hier la nouvelle Constitution.
Le régime syrien entend utiliser le résultat du référendum qu’il a organisé dimanche pour renforcer sa légitimité auprès de ses alliés à la fois intérieurs et extérieurs, estiment les analystes.
Le référendum sur la Constitution « est un succès pour les Syriens qui ont foi dans les réformes et un échec pour les régimes arabes et occidentaux qui veulent déstabiliser notre pays », affirmait hier le quotidien gouvernemental syrien Techrine. Pour ce journal, qui exprime le point de vue des autorités, « les réactions à l’étranger sont rassurantes : les pays qui soutiennent la Syrie et qui veulent résoudre cette crise par une solution politique ont soutenu la démarche (du référendum) et ceux qui veulent aggraver la situation en proposant notamment d’armer l’opposition, l’ont dénoncée ».
Pendant ce temps, le président Bachar el-Assad ratifiait hier la nouvelle Constitution qui a été approuvée dimanche par 89,4 % des votants, selon le gouvernement syrien, qui a précisé que la participation n’a atteint que 57,4 % en raison des violences qui secouent le pays depuis près d’un an.
« Le régime va utiliser le référendum pour dire qu’il a (le soutien de) la majorité du peuple, qu’il fait des réformes et qu’il se bat contre les groupes salafistes et terroristes, a affirmé Hilal Khachan, professeur de sciences politiques à l’Université américaine de Beyrouth (AUB). Pour continuer ce discours, il a besoin de munitions. Le référendum en fait partie. » « Je ne connais pas le pourcentage des gens qui sont avec Assad et le pourcentage de ceux qui sont contre lui. Mais (...) les chiffres n’ont aucune importance au milieu de ce bain de sang », a-t-il ajouté. Durant les jours précédant le scrutin, l’opposition et les contestataires avaient appelé à le boycotter, car ils demandent avant tout le départ de Bachar el-Assad. Si l’on tient compte du taux de participation, nettement plus faible que ceux habituellement enregistrés en Syrie, il ressort que 52 % des inscrits ont dit « oui » à la nouvelle Constitution qui supprime la prééminence du parti Baas mais laisse de larges prérogatives au chef de l’État.
Pour Thomas Pierret, maître de conférences sur l’islam contemporain à l’Université d’Edimbourgh, « Bachar el-Assad peut se servir du référendum pour rassurer ses partisans en leur disant “vous avez eu raison de croire que je suis réformiste” et pour permettre à son allié russe de dire aux Occidentaux “vous voyez qu’Assad fait des réformes” ». Mais, ajoute cet expert de la Syrie, « objectivement parlant, la crédibilité de ce référendum est nulle. C’est une promesse de réformes vide de sens, à laquelle croiront ceux qui soutiennent déjà le régime mais qui ne convaincra aucun opposant, même modéré ». Il conteste également que 57 % des inscrits aient voté. « C’est un chiffre énorme et vraisemblablement fantaisiste, sorti tout droit de l’imagination des responsables syriens (...) dans un pays en révolution où l’opposition appelle au boycott et où le vote n’est tout simplement pas organisé dans nombre de régions. »
Pour un autre expert de ce pays, Joseph Bahout, professeur à l’Institut de sciences politiques à Paris, « le régime va sans doute dire que (les résultats donnés par le ministère de l’Intérieur) sont des chiffres qui donnent une crédibilité absolue et que l’opération est en marche, mais tout ça est noyé dans une hécatombe », faisant ainsi référence aux 7 600 morts depuis le début de la répression de la contestation en mars, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme.
(Source : AFP)
Le régime syrien entend utiliser le résultat du référendum qu’il a organisé dimanche pour renforcer sa légitimité auprès de ses alliés à la fois intérieurs et extérieurs, estiment les analystes.Le référendum sur la Constitution « est un succès pour les Syriens qui ont foi dans les réformes et un échec pour les régimes arabes et occidentaux qui veulent déstabiliser notre pays », affirmait hier le quotidien gouvernemental syrien Techrine. Pour ce journal, qui exprime le point de vue des autorités, « les réactions à l’étranger sont rassurantes : les pays qui soutiennent la Syrie et qui veulent résoudre cette crise par une solution politique ont soutenu la démarche (du référendum) et ceux qui veulent aggraver la situation en proposant notamment d’armer l’opposition, l’ont dénoncée ».Pendant ce...
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