Une visite « pluridimensionnelle »
De leur côté, les investisseurs roumains sont « intéressés à prendre part à des programmes de développement du Liban dans le domaine de l’énergie et de l’infrastructure », confie M. Tanase. « Forts de leur expérience dans le domaine de l’hydroénergie, accumulée depuis 50 ans dans un pays qui compte plusieurs grands barrages d’eau pour la production de l’électricité », les Roumains sont conscients du potentiel qu’offre le marché libanais pour les énergies renouvelables, estime-t-il. Ce sont autant de dossiers que M. Sleiman tentera d’exploiter, d’autant que la Roumanie semble porter un intérêt particulier pour le Liban, perceptible en outre au niveau des échanges culturels, que l’ambassade de Roumanie œuvre à valoriser. L’enjeu culturel et religieux s’incorpore donc inévitablement à la visite du président Sleiman, qui revêt un « aspect pluridimensionnel », comme le souligne M. Tanase.
Les maronites
Il révèle en outre la présence en Roumanie d’une diaspora libanaise maronite en croissance. Parmi les indicateurs de cette présence, « la construction en cours d’une église maronite, la première du genre en Europe centrale et orientale, qui devra être achevée vers la fin de cette année », fait remarquer M. Tanase. Il ajoute, mettant l’accent sur « l’heureuse coïncidence de ce fait », que c’est l’actuel patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, qui « a placé la pierre d’angle de cette église, à l’occasion de la visite qu’il a effectuée en octobre 2010 en sa qualité d’évêque de Jbeil ». Ainsi, pour le diplomate roumain, « la force de la communauté maronite, qui émerge parmi les 3 500 émigrés libanais de toutes confessions, émane de la tolérance et de la volonté des autorités roumaines à favoriser la diversité religieuse ». C’est également le dynamisme d’hommes d’affaires maronites, à la tête de nombreuses sociétés, agricoles, industrielles, pharmaceutiques et hôtelières, qui permet à cette communauté d’ancrer solidement son implication dans le pays d’accueil.
Cette collaboration, centrée presque exclusivement sur le socio-économique, favorise un échange sain, dénué de considérations étroitement politiques. C’est cette approche qui rejaillit d’ailleurs à travers les activités de l’ambassade de Roumanie qui manifeste un intérêt pour des domaines d’échanges négligés, comme la télévision nationale. Si la visite de M. Sleiman advient en réponse à la visite au Liban de son homologue roumain en avril 2009, elle est surtout l’expression de « la continuité » des rapports bilatéraux, dont les prémices reflètent un plan de coopération sérieux, favorable au développement du pays.


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