Un pilier du 14 Mars constate que les dernières prises de position du chef du PSP, Walid Joumblatt, ont suscité l’inquiétude de la majorité parlementaire, qui craint désormais de ne plus pouvoir compter sur ses voix à la Chambre.
Conscient de la signification des propos tenus lors de la séance législative de jeudi dernier par M. Joumblatt, qui avait appelé à une solution consensuelle du litige financier en cours, le président de la Chambre, Nabih Berry, s’était hâté de lever la séance, après avoir noté l’échec de la majorité à assurer le quorum. Et il est à craindre désormais que le quorum ne puisse plus être assuré qu’avec l’aval de M. Joumblatt, qui s’impose ainsi, aux côtés de ses alliés centristes, comme le véritable maître du jeu politique.
Cette situation arrange naturellement l’opposition dans la mesure où elle lui permet de jouer sur la nouvelle donne gouvernementale pour imposer ses points de vue, à l’heure où le 8 Mars est incapable d’assurer par lui-même les deux tiers au sein du cabinet et le quorum à la Chambre.
Les piliers de la majorité ont ainsi été contraints de revoir leurs calculs à la lumière des derniers développements. On a vu le président de la Chambre s’efforcer d’opérer un rapprochement avec M. Joumblatt pour l’empêcher de rompre le dernier lien qui le retient au sein de la majorité et de rejoindre les rangs du 14 Mars.
Pour le moment, M. Joumblatt s’en tient à sa position centriste, aux côtés du président de la République, Michel Sleiman, et du Premier ministre, Nagib Mikati. Et cette position est loin d’être inconfortable puisque, comme le soulignent des sources de l’opposition, le Hezbollah est déterminé à faire le nécessaire pour que le chef du PSP reste au sein de la majorité, y compris à exercer des pressions sur le général Michel Aoun pour qu’il accepte le compromis envisagé sur le litige financier, à savoir un package deal englobant notamment la légalisation des dépenses hors budget faites par les gouvernements Siniora (les 11 milliards de dollars) et celle des six milliards du cabinet Mikati.
D’ailleurs, on note que les propos tenus récemment par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, au sujet du peu de place qu’occupent les ambitions du parti dans le partage du gâteau gouvernemental et sur le fait que les dossiers litigieux ne doivent pas mettre en péril la pérennité du cabinet, sont un message aux autres composantes de l’équipe ministérielle les appelant à calmer le jeu et à modérer leurs propres ambitions afin de permettre la reprise des réunions du gouvernement.
Voilà pourquoi l’orientation qui prévaut chez tout le monde aujourd’hui est celle de la solution consensuelle, à l’exception bien entendu du général Michel Aoun qui refuse toujours tout compromis sur la question financière.
Le chef du CPL devra aussi continuer à croiser le fer avec le président Sleiman et le Premier ministre Mikati au sujet des nominations, chaque partie campant sur ses positions à ce sujet.
Le général Aoun n’est donc pas au bout de ses peines, d’autant que la nomination du juriste Sélim Jreissati au ministère du Travail pour succéder à Charbel Nahas n’a pas entraîné l’unanimité au sein du courant aouniste. À en croire un député de l’opposition, c’est le Hezbollah qui a proposé au général le nom de M. Jreissati qu’il voulait récompenser pour s’être rangé à ses côtés dans l’affaire du Tribunal spécial pour le Liban.
« Nous allons regretter Charbel Nahas », souligne ce député.
Cette situation arrange naturellement l’opposition...


De plus, fin Tacticien-Stratège, ce Grand Président de La République Libanaise, le Général Michel Sleiman.
07 h 10, le 28 février 2012