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Moyen Orient et Monde - Syrie

Par qui remplacer Bachar el-Assad ?

Pendant quatre décennies, la famille syrienne au pouvoir a tout fait pour empêcher un rival d'émerger.

Des partisans de Bachar el-Assad, devant l'ambassade de Syrie à Amman le 26 février 2012. Muhammad Hamed/Reuters

Les États-Unis et leurs alliés européens et arabes essaient de pousser le président syrien Bachar el-Assad à démissionner, mais des officiels américains reconnaissent qu’ils ne voient aucun bon candidat pour lui succéder. Un tel vide tient beaucoup à l’énergie qu’a déployée la famille Assad depuis quatre décennies pour empêcher tout rival d’émerger, et pour réduire ainsi tout risque de coup d’État, soulignent les officiels et les experts de la Syrie.

 

Alors que l’administration Obama prédit une chute tôt ou tard du dictateur syrien, la question de sa succession se pose de manière de plus en plus urgente. Mais il n’y a, pour faire court, aucun héritier évident, et rien n’indique qu’il pourrait en émerger un à court terme.


« La clique au pouvoir est tellement inflexible et préoccupée par la défense de ses intérêts que même si, par pure hypothèse, elle décidait d’écarter Assad, il n’est pas sûr qu’on aimerait beaucoup plus son successeur », confie un officiel américain qui souhaite garder l’anonymat. Quant à l’opposition, elle n’offre pas davantage de porte de sortie, dit-il, car « aucun responsable de l’opposition ne s’est imposé comme figure de proue de la résistance ».


La secrétaire d’État américaine a essayé vendredi d’attiser d’éventuelles divisions au sein de l’élite dirigeante syrienne en appelant les forces de sécurité à la désobéissance. Mais en privé, les officiels américains reconnaissent qu’un tel scénario est peu prévisible et que la famille Assad et son entourage s’accrocheront au pouvoir aussi longtemps que possible. Ils n’ont pas vraiment d’autre choix : la minorité alaouite à laquelle ils appartiennent tous représentant seulement 12 % de la population syrienne, leur sort est entièrement lié à celui de Bachar el-Assad.

 

Le fils a hérité de ce point de vue de la prudence de son père Hafez qui a pris le pouvoir grâce à un coup d’État en 1970. « Cela fait 40 ans que les Assad se préparent à un soulèvement sunnite. C’est pour cela qu’ils ont placé des membres de leur famille et de leur communauté à tous les postes-clés. Tout est question de loyauté pour préserver le régime d’un coup d’État », souligne Joshua Landis, professeur à l’Université d’Oklahoma et spécialiste de la Syrie.

 

Bachar el-Assad n’a pas rompu la tradition paternelle : son frère Maher dirige la garde républicaine et son beau-frère est un des chefs des forces armées. « La Syrie est un modèle de népotisme », constate Landis.

 

Conséquence, disent les experts : tous les responsables syriens impliqués dans les massacres de civils ont tout à perdre d’une chute d’un régime. « Pratiquement tous les membres des services de sécurité ont de bonnes raisons de craindre pour leur avenir dans une Syrie débarrassée du régime actuel », résume Paul Pillar, professeur à l’Université de Georgetown et ancien analyste de la CIA. L’appareil sécuritaire syrien est imprégné de la « culture du moukhabarat » et est organisé de telle manière que les attributions des uns et des autres se chevauchent, ajoute Murhaf Jouejati, professeur à l’Université de Défense nationale et membre du Conseil national syrien. « Si une unité de l’armée tente quoi que ce soit, les autres seront immédiatement au courant », souligne-t-il. « Même eux (les responsables sécuritaires) sont surveillés par d’autres agences de renseignements. Il est donc très difficile de préparer un coup d’État, même si personne ne peut affirmer que c’est impossible. » « La Syrie est l’exemple même de l’État policier avec des moyens de renseignements sophistiqués », conclut M. Jouejati.


Hillary Clinton a estimé jeudi dernier qu’elle « parierait » contre le maintien de Bachar el-Assad au pouvoir et prédit qu’un « point de rupture » serait bientôt atteint. En privé, les officiels américains n’excluent de fait pas que les sanctions diplomatiques et économiques finissent par créer des fêlures au sein du clan Assad, mais ils pensent que cela va prendre du temps.

 

« On a vu des signes qui montrent que certains responsables du régime protègent leurs arrières en préparant l’évacuation de leurs familles et le transfert de leurs avoirs financiers, mais pour l’instant ils ne sont pas passés à l’acte », a récemment déclaré le directeur du Renseignement national américain, James Clapper.

 

« Assad lui-même, probablement parce qu’il éprouve un besoin psychologique d’émuler son père, ne voit pas d’autre option que celle de continuer à écraser l’opposition. S’il n’est pas renversé par un coup d’État, il peut s’accrocher au pouvoir et continuer à faire ce qu’il a toujours fait », a-t-il ajouté. Cet avis semble largement partagé au sein de l’administration Obama, même si, comme le relève Joshua Landis, le fait qu’Assad soit à la tête « du dernier régime minoritaire au Proche-Orient » réduit ses chances de survie en ces temps de soulèvements populaires.

Les États-Unis et leurs alliés européens et arabes essaient de pousser le président syrien Bachar el-Assad à démissionner, mais des officiels américains reconnaissent qu’ils ne voient aucun bon candidat pour lui succéder. Un tel vide tient beaucoup à l’énergie qu’a déployée la famille Assad depuis quatre décennies pour empêcher tout rival d’émerger, et pour réduire ainsi tout risque de coup d’État, soulignent les officiels et les experts de la Syrie.
 
Alors que l’administration Obama prédit une chute tôt ou tard du dictateur syrien, la question de sa succession se pose de manière de plus en plus urgente. Mais il n’y a, pour faire court, aucun héritier évident, et rien n’indique qu’il pourrait en émerger un à court terme.
« La clique au pouvoir est tellement inflexible et préoccupée par la...
commentaires (4)

Vous oubliez aussi le Liban Jabbour, ou une minorité d'incapable prétend gouverner le pays aussi!

Pierre Hadjigeorgiou

08 h 47, le 28 février 2012

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Commentaires (4)

  • Vous oubliez aussi le Liban Jabbour, ou une minorité d'incapable prétend gouverner le pays aussi!

    Pierre Hadjigeorgiou

    08 h 47, le 28 février 2012

  • "L'Homme de la situation", Hillary Clinton, l'a dit : IL doit dégager et il dégagera ! C'est FINI. Bahhhh ! Comme elle l'a voulu pour Moubarak, Kadhafi, Ben Ali et tout le toutim.

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    06 h 08, le 28 février 2012

  • La dictature est la forme la plus complète de la jalousie.Personne n 'est irremplaçable,mais nul pays ne peut être livré aussi aux appétits régionalistes ou autres intolérances politico-religieuses, sous peine de convoquer une nouvelle guerre civile. Il faut le savoir et donc tout faire pour l'éviter. Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    03 h 00, le 28 février 2012

  • - - Je souhaite attirer l'attention de monsieur Joshua Landis que le regime Syrien n'est pas le dernier regime minoritaire , que le président Assad de Syrie n'est pas le seul à être a la tête d'un régime minoritaire au Proche Orient , il est a la tete d' un des très nombreux régimes " minoritaires " denla region , qui eux aussi , ont verrouillé tous les commandements sécuritaires , diplomatiques militaires et financiers de leurs émirats et monarchies pétrolières , en mettant aux commandes leurs frères , oncles et fils d'une seule famille des dynasties régnantes qui sont très minoritaires elles aussi avec des oppositions muselées étouffées et invisibles , mais qui existent et feront bien surface un jour .. Pour le reste , donnons du temps au temps , car il faudra du temps et même longtemps , pour voir les Wishful Thinking de madame H . Clinton se réaliser .

    JABBOUR André

    01 h 38, le 28 février 2012

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