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Hommage et adieu à Joe Armour

Maroun Joseph Achkar
Mon bien cher Joe,
Il m’est infiniment pénible que cet hommage soit un adieu.
Tu sais Joe, nous croyons fermement que les cieux s’ouvrent, grands, imprégnés d’indulgence, à l’occasion des grandes fêtes.
Par ailleurs, pour les innocents, les doux et humbles de cœur, les miséricordieux, les pacifiques et les assoiffés de justice de tes semblables, le ciel commence ici-bas.
Un an déjà, exactement, nous accompagnons ta très regrettée et chère maman à sa dernière demeure. Ce soir, dans la douleur et le désarroi, désarmé devant le mystère, je me vois t’accompagner, toi-même, pour reposer à ses côtés.
Ton départ subit a laissé, aux côtés de ta famille cruellement éprouvée, tes anciens camarades de Jamhour, tes collègues de travail et tous ceux qui ont été touchés par ton amitié et ta bonté, une immense peine.
Joe, je voulais te dire mon émoi et mon grand étonnement devant les épreuves et les malheurs qui s’abattaient sur toi, sans arrêt, depuis dix-sept ans, auxquels sans murmure tu affichais toujours un mystérieux sourire. Maintes fois, navré et révolté, je me demandais pourquoi le Seigneur tenait à maintenir une plaie toujours saignante pour ceux qu’il aime. Mais mardi dernier, à ta sortie de l’hôpital, pour la première fois, tu as flanché et tu lançais un cri de désespoir et de révolte. Peut-être aurais-tu eu une vision totalement différente du monde et de ses misères ? Était-ce le chant du cygne ou l’appel d’un salut que tu sollicitais de l’au-delà ?
Dans le tumulte de la tourmente, en pensant aux drames de ta vie, m’est venue à la pensée une image de miséricorde.
Il me semble que ton cri, ce « miserere », est arrivé tout droit au cœur du Christ, ton créateur, qui décida dans sa grande miséricorde de mettre fin à ton calvaire.
Samedi, à l’aube, alors que tout le monde dormait, tu étais seul réveillé, debout, fin prêt. Sans doute avais-tu déjà la conviction que ton cri était déjà parvenu au ciel. Le Christ descendit de Sa croix et vint auprès de toi essuyer tes larmes, t’arracher lui-même de Ses mains ensanglantées tes clous de douleur qui ressemblaient à Ses saintes plaies, te délivrer enfin de ta croix et t’accompagner lui-même à ce lieu de repos éternel et de béatitude, où la mort est vaincue et les souffrances et les larmes bannies à jamais, puis, et retourné Se faire recrucifier de nouveau sur Sa croix pour continuer de tenter de sauver, malgré lui, un monde, qui, malgré tout, tient à tirer à sa fin.
Joe, notre peine est très grande ce soir. Te savoir maintenant délivré de tes souffrances compense, en quelque sorte, la douleur de ta perte. Du paradis des innocents, des miséricordieux, des doux et des humbles de cœur et des pacifiques, incliné sur le cœur du Seigneur, tu n’oublieras pas, avec ton sourire habituel, d’intercéder et de prier pour tous ceux qui continuent à T’aimer par-delà la mort.

Maroun Joseph Achkar
Ancien avocat
Ancien notaire à Beyrouth
Mon bien cher Joe,Il m’est infiniment pénible que cet hommage soit un adieu.Tu sais Joe, nous croyons fermement que les cieux s’ouvrent, grands, imprégnés d’indulgence, à l’occasion des grandes fêtes.Par ailleurs, pour les innocents, les doux et humbles de cœur, les miséricordieux, les pacifiques et les assoiffés de justice de tes semblables, le ciel commence ici-bas.Un an déjà, exactement, nous accompagnons ta très regrettée et chère maman à sa dernière demeure. Ce soir, dans la douleur et le désarroi, désarmé devant le mystère, je me vois t’accompagner, toi-même, pour reposer à ses côtés.Ton départ subit a laissé, aux côtés de ta famille cruellement éprouvée, tes anciens camarades de Jamhour, tes collègues de travail et tous ceux qui ont été touchés par ton amitié et ta bonté, une immense...