Roger Federer a ouvert son palmarès de la saison 2012 avec brio. Le 3e joueur mondial a remporté le tournoi en salle de Rotterdam en battant en finale l’Argentin Juan Martin Del Potro. Sept ans après sa dernière victoire ici même, le Suisse succède à Robin Söderling au palmarès pour soulever le 71e trophée ATP de sa carrière lors de son tournoi de reprise après l’Open d’Australie où il s’était arrêté en demi-finales.
Jusqu’en 2019
À vrai dire, le Bâlois s’en amuse. Depuis qu’il a eu 30 ans l’été dernier, il ne se passe pas deux semaines sans qu’on lui parle de son âge. On souligne ce qu’il a accompli, et il y a beaucoup à dire, plus que ce qu’il pourrait encore réaliser. Federer ne s’en offusque pas. Mais à travers ses paroles comme via ses actes, il a montré aux Pays-Bas que ces discussions n’avaient aucune raison d’être. « Je pense que c’est un peu normal, a-t-il confié. Quand vous atteignez la trentaine, les gens pensent que vous allez vous retirer, alors que vous n’en êtes qu’aux deux tiers de votre carrière. » Aux deux tiers ? Federer ayant déjà derrière lui une bonne douzaine d’années sur le circuit, on peut donc espérer le voir sur les courts jusqu’en 2018 ou 2019. Mais il ne faut sans doute pas surinterpréter cette phrase. La vérité, c’est que Federer n’a probablement aucune idée lui-même de sa date de sortie.
Repartir de l’avant, encore et toujours
En revanche, il est plus facile de donner un sens à ce qu’il produit avec sa raquette. Dimanche, face à Juan Martin Del Potro, il a encore évolué à un très haut niveau pour battre l’Argentin en deux sets secs, 6-1, 6-4, même si le score est sans doute sévère pour le natif de Tandil. « J’étais pourtant confiant car j’ai très bien joué cette semaine, mais, comme à Melbourne, je n’ai pas réussi à le gêner suffisamment, regrette Del Potro. J’ai eu des balles de break, mais je n’ai pas pu saisir mes occasions. Contre Federer, ça ne pardonne pas. Au final, il a beaucoup mieux joué que moi. »
Son titre à Rotterdam confirme que Federer demeure presque injouable en indoor. Il a désormais remporté les cinq derniers tournois en salle auxquels il a pris part, pour 24 victoires consécutives. Sa dernière défaite (hors Coupe Davis) en salle remonte au Masters 1000 de Paris-Bercy, à l’automne 2010, lorsqu’il s’était incliné en demi-finales contre Gaël Monfils. « C’est sympa de continuer sur cette lancée en indoor », sourit Federer. Malheureusement pour lui, il n’y a pas de tournoi du grand chelem en indoor. Pour ne pas rester bloqué à 16 couronnes majeures, il va devoir trouver le moyen de gagner aussi en extérieur, et d’y battre Djokovic et Nadal.
Il sait rebondir
Sur le fond, sa victoire à Rotterdam ne change donc pas grand-chose. Mais ce qui frappe, c’est sa faculté à repartir de l’avant, encore et toujours. Federer trouve toujours le moyen de positiver. Après sa défaite en Australie face à Nadal, puis son week-end catastrophique en Coupe Davis, il a su rebondir à Rotterdam. « Je suis arrivé ici très positif, explique-t-il. Avant la finale contre Juan Martin, j’avais un très bon état d’esprit. Je sentais que j’allais lui rendre la vie difficile ». Toujours la même fraîcheur. Après tout, Rotterdam a de bonnes chances de revoir un jour Federer, et pas comme invité d’honneur. « C’est dingue de se dire qu’il a fallu sept ans pour que je revienne ici, admet le Suisse, chaleureusement accueilli par le public. J’espère ne pas attendre aussi longtemps pour revenir. Mais si c’est le cas, ça voudra dire que je vais encore jouer pendant sept ans ! » Bien sûr, il plaisantait. À moins que...


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