Une couleur rouge vif qui a effaré les passants et les experts du ministère. Photo Michel Sayegh
La couleur rouge vif du fleuve, généralement brunâtre, que les passants ont découverte avec effarement, était assez étrange pour que le ministre dépêche rapidement sur les lieux une équipe d’experts chargée d’enquêter sur les causes de ce qui a l’apparence d’une catastrophe écologique.
Les forces de l’ordre ont également été déployées le long du fleuve, de la Quarantaine à Hazmieh, pour surveiller l’évolution de la situation et tenter de déterminer la source de cette coloration. Les experts sont remontés jusqu’à la source de cette coloration, ce qui les a menés vers la région appelée Qanater Zbeidé, à Hazmieh. Ils se sont rendu compte que la matière responsable de cette coloration a été déversée à partir d’une bouche d’égout.
Sur l’origine de cette couleur rouge, le mystère reste entier. Selon certains médias, le déversement de produits chimiques pourrait être à l’origine de cette couleur. Les soupçons se portent vers les tanneurs de la Quarantaine qui utilisent beaucoup de produits chimiques. La région du fleuve abrite également des abattoirs.
« La cause de cette pollution n’a pas été encore déterminée, mais il est probable que la source (de la pollution) provienne de la municipalité de Hazmieh ou de celle de Baabda », a déclaré le ministre Khoury, sans plus de détail. « J’appelle ces municipalités à coopérer le plus rapidement possible afin de déterminer la source de cette pollution », a-t-il ajouté.
Interrogé par L’Orient-Le Jour, le ministre a précisé que des échantillons ont été collectés et envoyés à trois laboratoires, un officiel et deux privés. « S’il s’agit d’un polluant non chimique, nous aurons la réponse dans 24 heures, a-t-il dit. Si c’est un produit chimique, il faudra attendre une semaine. »
À la question de savoir si les experts dépêchés sur les lieux ont une idée de ce qui a pu se passer, Khoury assure que non. « Ils m’ont cependant raconté que le spectacle est purement effrayant », a-t-il ajouté. Que se passera-t-il une fois que le coupable sera identifié ? « L’avocat général chargé des affaires de l’environnement se saisira de l’affaire, a-t-il répondu. Mais un tel scandale montre à quel point nous avons besoin d’un parquet écologique. » Rappelons que la loi sur le parquet écologique est passée récemment en Conseil des ministres, mais qu’elle doit encore être adoptée au Parlement.
Quel est le principal danger qui pourrait résulter de cette pollution ? « Le fleuve de Beyrouth se déverse dans la mer, le danger se situe donc à ce niveau, a-t-il assuré. Il n’y a pas de risque d’infiltration dans les canalisations d’eau potable. »
Dans son communiqué, le ministre avait demandé « à chaque citoyen de se comporter en tant que sentinelle chargée de la protection de l’environnement, surtout que les moyens dont dispose le ministère sont limités, d’où l’importance d’une coopération avec la société civile ».
Le fleuve de Beyrouth prend sa source dans les montagnes libanaises, à Hammana, et se jette dans la Méditerranée au niveau de la Quarantaine. Sa longueur totale est de 29 kilomètres. Il est connu pour son niveau élevé de pollution, car les égouts de la ville de Beyrouth s’y jettent à intervalles réguliers et de manière plus dense juste avant son embouchure.
S. B.

