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Moyen Orient et Monde - Révolte

Déluge de feu sur Homs et Hama

Les efforts diplomatiques redoublent d’intensité pour résoudre la crise syrienne.

À Harasta, au nord de Damas, des soldats syriens loyalistes font le signe de la victoire. Louaï Beshara/AFP

Les forces gouvernementales syriennes ont bombardé hier les villes de Homs et de Hama, et mené pour la première fois une opération dans le quartier de Barzé à Damas. Au total, les violences auront fait hier de 33 à 52 morts, selon les sources.
Dans la capitale syrienne, des troupes d’élite appuyées par des véhicules blindés ont dressé des barrages dans les rues principales du quartier résidentiel de Barzé, où elles ont effectué des perquisitions et procédé à des arrestations. Les soldats de la quatrième division blindée et de la garde républicaine ont tiré en l’air pour disperser les habitants. Selon les habitants de ce quartier du centre-nord de Damas, les militaires recherchent des activistes et des membres de l’Armée syrienne libre. À Hama, l’armée a bombardé les quartiers résidentiels de Faraya, Olailat, Bachoura et al-Hamidiya. Des troupes venues de l’aéroport se sont dirigées vers la ville. À Homs, les loyalistes ont pilonné pour la treizième journée consécutive des quartiers sunnites. Une explosion a visé un oléoduc alimentant une raffinerie. Les Comités locaux de coordination ont rapporté des cas de suffocation parmi les habitants de Baba Amro, en raison de la fumée dégagée par l’explosion.
Dans la province de Deraa, une écolière de 16 ans a été tuée par balle près du village d’al-Nouaïmi, où une campagne de perquisitions et d’arrestations est en cours. Dans la même province, dans une vallée proche du village de Sehm el-Joulane, l’armée encercle environ 30 soldats dissidents et lance des bombes dans cette vallée. Dans la province d’Alep, neuf civils, sept soldats et quatre militaires dissidents ont été tués ces dernières 24 heures dans des affrontements dans la localité d’al-Atareb. Dans la province d’Idleb, trois civils ont été tués près de la ville de Jisr el-Choughour à la suite de l’explosion d’une bombe. Et à Deir ez-Zor, des perquisitions ont lieu dans la localité d’al-Achara, où 16 personnes ont été arrêtées.
Et, comme tous les jours depuis des mois, les condamnations des violences en Syrie se sont succédé hier. La Turquie a exhorté l’ONU à obtenir que l’aide humanitaire puisse parvenir aux civils touchés par les violences. Le gouvernement britannique et le Vatican ont lancé un appel conjoint « pour un arrêt immédiat des violences en Syrie ».
Pour sa part, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui doit rencontrer son homologue français, Alain Juppé, aujourd’hui à Vienne pour discuter de la situation en Syrie, a estimé que les tentatives de certains pays d’isoler le président syrien Bachar el-Assad et son gouvernement étaient « une erreur ». « Malheureusement, certains de nos partenaires ont depuis longtemps fait une croix sur le gouvernement syrien. Nous pensons que seul le dialogue politique peut apporter une solution, mais le dialogue doit inclure la Syrie », a-t-il ajouté, assurant que Moscou est favorable « au rejet des interférences extérieures ». La proposition française d’instaurer des « corridors humanitaires » en Syrie ne peut aboutir que si elle est approuvée par toutes les parties syriennes, a en outre estimé M. Lavrov. « Il va me falloir beaucoup de force de conviction » face à M. Lavrov, a répliqué M. Juppé. « Je lui dirai que la Russie s’isole dans la communauté internationale (...) et que ce n’est pas une bonne chose pour elle de s’isoler à ce point », a-t-il ajouté. Par ailleurs, M. Juppé a prévu « la chute certaine d’Assad, qui devra rendre compte, sans aucun doute ».

Devant l’Assemblée générale de l’ONU
Dans ce contexte, l’Assemblée générale de l’ONU doit se prononcer aujourd’hui sur un projet de résolution qui condamne la répression, moins de deux semaines après le blocage d’un texte similaire au Conseil de sécurité. L’adoption du texte est très probable mais sa portée sera surtout symbolique. Les délégations arabes à l’ONU ont toutefois jugé inacceptables les amendements proposés par la Russie pour atténuer le projet de résolution. « Les Arabes les ont rejetés et vont de l’avant », a déclaré le représentant d’un pays occidental, dont les propos ont été confirmés par plusieurs de ses collègues. « La situation en Syrie se détériore rapidement et la question ne peut être repoussée, il est temps pour que le changement demandé (ait lieu) afin de prévenir une explosion globale de la situation, qui aura des conséquences sur la (...) stabilité de la région », a indiqué le ministre égyptien des Affaires étrangères, Mohammad Kamel Amr. Le ministre a souligné « la nécessité d’un changement pacifique et réel répondant aux aspirations du peuple syrien ». L’Égypte demande enfin l’application « immédiate et entière de tous les articles du plan arabe » pour la Syrie et « refuse une intervention militaire » dans ce pays, selon le ministre. Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Cui Tiankai, a pour sa part mis en garde le Conseil de sécurité contre les conséquences de « mauvaises initiatives ». Il lui a demandé d’être « très prudent » et de faire preuve d’une « attitude très responsable ». M. Cui a également souligné que la Chine attachait « une grande importance au rôle joué par la Ligue arabe dans la recherche d’une solution politique ».
Profondément divisée sur la Syrie, la communauté internationale étudie la proposition d’une force de paix, avancée dimanche par la Ligue arabe. Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a cependant répété que l’Alliance atlantique n’avait « absolument aucune intention d’intervenir en Syrie ». Le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, a appelé l’ONU à apporter son soutien à la Ligue arabe et à accroître la pression sur le régime de Damas dont « les jours sont comptés ». Mais, si l’Organisation de la coopération islamique s’est prononcée en faveur d’une pression diplomatique accrue sur le régime de Bachar el-Assad, elle a affirmé être contre une intervention militaire étrangère. Citant les conflits en Irak, en Libye et en Somalie, Ekmeleddin Ihsanoglu, secrétaire général de l’OCI, a jugé qu’une telle intervention extérieure ne ferait que nuire au peuple syrien.
Par ailleurs, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Rafik Abdessalem, a expliqué que son pays chercherait à dégager « un consensus et un message unifié » lors de la conférence du « groupe des amis du peuple syrien » qu’il accueillera le 24 février. Et enfin, les autorités helvétiques ont annoncé que la Suisse va fermer son ambassade à Damas. Elles ont conseillé à tous les ressortissants helvétiques de quitter la Syrie « au plus vite ».
(Sources : agences et rédaction)
Les forces gouvernementales syriennes ont bombardé hier les villes de Homs et de Hama, et mené pour la première fois une opération dans le quartier de Barzé à Damas. Au total, les violences auront fait hier de 33 à 52 morts, selon les sources.Dans la capitale syrienne, des troupes d’élite appuyées par des véhicules blindés ont dressé des barrages dans les rues principales du quartier résidentiel de Barzé, où elles ont effectué des perquisitions et procédé à des arrestations. Les soldats de la quatrième division blindée et de la garde républicaine ont tiré en l’air pour disperser les habitants. Selon les habitants de ce quartier du centre-nord de Damas, les militaires recherchent des activistes et des membres de l’Armée syrienne libre. À Hama, l’armée a bombardé les quartiers résidentiels de Faraya,...
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