Photo Marwan Assaf
Cherchant à rassurer les chrétiens et les chiites libanais, il a rejeté tout lien entre une victoire de la révolution en Syrie et un renforcement des sunnites au Liban, rappelant le credo libéral et souverainiste du courant du Futur et voyant dans l’instauration d’une démocratie à Damas une « conjonction historique » avec la démocratie libanaise.
Extraits du discours de M. Hariri :
« Le modèle de révolution que nous avons mené voilà sept ans se reproduit dans plusieurs pays frères. Ces derniers se soulèvent contre les dictatures et les régimes corrompus, tyranniques et assassins, réclamant liberté, justice et démocratie, Ce modèle est devenu le printemps arabe.
« Soyez fiers. Il y a sept ans, après l’assassinat de Rafic Hariri et de ses compagnons, vous avez refusé de vous soumettre, vous êtes descendus dans les rues vous avez réclamé la souveraineté, l’indépendance, la vérité, la justice et la liberté. Vous avez obtenu la souveraineté et l’indépendance, la justice est en voie de réalisation, il ne reste plus qu’à obtenir la dignité et la liberté. Mais nous ne sommes plus les seuls dans cette quête.
« Ce qui se passe dans la région nous mènera soit vers la réalisation du reste de nos aspirations, soit alors vers la discorde. Notre responsabilité à tous, en tant que libanais et au sein du 14 Mars, est d’empêcher la discorde.
« En parlant de responsabilité, permettez-moi d’ouvrir une parenthèse, et de parler de ma responsabilité personnelle. Tout d’abord, j’assume l’entière responsabilité de la période passée, avec ses bons et ses mauvais côtés, ainsi que celle d’avoir fait des concessions par moments et d’avoir refusé d’en faire, en d’autres ;
la responsabilité d’avoir accepté les fonctions de Premier ministre et celle d’être sorti de la présidence du Conseil des ministres.
Aujourd’hui, moi, Saad Rafic Hariri, j’assume la responsabilité de ma solidarité avec le peuple syrien et de mon soutien à son égard dans son droit d’édifier un régime démocratique. De même, j’affirme devant vous que je suis prêt à assumer l’entière responsabilité d’empêcher la discorde entre Libanais? en général, et entre sunnites et chiites, en particulier.
« Tôt ou tard, le peuple syrien triomphera, malgré la terreur et les massacres. Le régime syrien va droit à sa chute. Nous vivons un instant de transition historique. L’instauration d’un régime démocratique et pluraliste en Syrie sera un grand facteur d’immunité pour l’expérience démocratique libanaise. Les Libanais de toutes les confessions doivent comprendre les impacts de cette transition et de la conjonction historique entre la démocratie libanaise et la démocratie syrienne.
« Nos mains sont tendues vers le Conseil national syrien dans lequel nous plaçons notre espoir de voir se construire un nouveau régime démocratique en Syrie.
« Aujourd’hui, parce que la révolution syrienne va triompher, des tentatives visant à semer la peur chez les Libanais ont vu le jour. Aux chrétiens du Liban, on dit que les sunnites vont être renforcés et qu’ils vont s’emparer du pouvoir et s’orienter vers l’extrémisme. Pour notre part, nous incarnons le courant de la modération, de la coexistence et du pluralisme. Nous sommes respectueux de Taëf et nous prônons la parité entre chrétiens et musulmans au Liban. Quelle que soit l’orientation que prendra la Syrie, nous resterons un courant défendant la liberté d’opinion, de pratique religieuse, de liberté de pensée et d’expression et toutes les libertés individuelles et publiques. Et quelle que soit l’orientation de la Syrie, nous resterons le courant de l’indépendance, de la souveraineté et de la démocratie. Notre slogan est le Liban d’abord, pour lequel nous avons payé le prix du sang.
« Aux chiites du Liban, on dit que le triomphe de la révolution en Syrie se traduira au Liban par une attaque sunnite contre eux pour venger Rafic Hariri et se saisir de leurs armes. Notre réponse est claire : nous n’imputons à nos frères chiites du Liban aucune responsabilité dans l’assassinat de Rafic Hariri. Il va sans dire que nous avons choisi la voie de la justice et non pas celle de la vengeance. De même, nous ne considérons pas les armes comme des éléments d’une identité communautaire.
« Les communautés religieuses au Liban ne sont pas la propriété politique de tel ou tel parti. Les chiites n’appartiennent pas au Hezbollah ou à Amal, pas plus que les sunnites n’appartiennent au courant du Futur ou que les chrétiens sont la propriété de telle ou telle formation.
« Au Liban, un seul projet peut nous unir, c’est l’État libanais. Et il a été démontré que la présence d’armes entre les mains de fractions est en opposition avec les fondements de l’État et que c’est une source permanente de discorde.
« Je réitère mon appel au Hezbollah afin qu’il commence à organiser ses armes pour les mettre à la disposition de l’État.
« La justice dans l’affaire de l’assassinat de Rafic Hariri suit son cours. C’est un chemin qui mènera inexorablement aux coupables et jettera les bases qui préserveront le Liban des assassinats politiques. Les tentatives visant à échapper à la justice internationale sont vaines. C’est ce que doit comprendre le gouvernement libanais. Au nom des liens fraternels qui unissent tous les Libanais, j’appelle les dirigeants du Hezbollah à adopter une nouvelle approche à l’égard du TSL, car l’insistance à vouloir protéger les accusés n’annulera pas l’acte d’accusation. »


Une délégation FL en tournée à Hasbaya et Marjeyoun en soutien aux habitants du Sud