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Moyen Orient et Monde - Révolte

Saoud el-Fayçal se déchaîne devant ses pairs contre le régime d’Assad

La Ligue demande une force ONU-Arabes et la rupture de « toute forme » de relations ; Bagdad dit oui, Beyrouth et Alger s’abstiennent ; Damas parle d’« hystérie » et accuse Riyad et Doha.

Les victimes des attentats d’Alep vendredi et qui avaient fait au moins 28 morts et plus de 230 blessés ont été enterrées hier. George Orfalian/Reuters

C’est un Saoud el-Fayçal très peu diplomate et d’une très grande fermeté qui s’est exprimé hier au cours de la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères au Caire qui a décidé de recourir à l’ONU en ce qui concerne la Syrie.
« C’est comme si nous restons sourds aux voix des mères et des enfants qui demandent : “Qu’avez-vous fait après que le nombre de victimes ait dépassé les 6 000 et le nombre de blessés les dizaines de milliers ?
Qu’avez-vous fait lorsque le nombre de personnes arrêtées a dépassé 70 000 ? Et qu’avez-vous fait pour notre cause après que des quartiers entiers aient été détruits à Hama et Homs, notamment Bab Amro, et que les enfants ont faim et froid ?” », s’est demandé le chef de la diplomatie saoudienne. « La Syrie avait deux choix : la voie de la sagesse, ou la pente glissante et dangereuse de la violence, et avec le temps il est devenu clair que le régime a choisi la violence meurtrière afin de maintenir le pouvoir en place, menant une campagne d’abus et d’épuration contre son peuple », a-t-il asséné, se demandant si « le maintien de la sécurité implique la destruction de quartiers entiers. Est-ce que le bon sens permet de croire que des “terroristes”, comme l’affirme le régime, possèdent de quoi bombarder villes et quartiers ? » s’est-il encore interrogé, estimant que seul un compromis politique pourrait ramener la Syrie « à la stabilité ». Saoud el-Fayçal a également jugé que « des décisions fermes doivent être prises concernant le gouvernement syrien, et non pas des demi-mesures », ajoutant que la Ligue arabe va « ouvrir des canaux de communication avec l’opposition syrienne et lui fournir toutes les formes de soutien politique, humanitaire et matériel ». Il a conclu son allocution en assurant refuser « toute intervention militaire en Syrie, malgré le refus syrien de coopération avec la communauté internationale », et proposant de tenir une conférence sur la situation syrienne.
En attendant, la Ligue arabe a déclaré vouloir demander au Conseil de sécurité la formation d’une force conjointe ONU-Arabes, selon le communiqué final de la réunion. Dans le même temps, elle a mis « fin à la mission des observateurs de la Ligue arabe » en Syrie, demandant aux pays membres de rompre « toutes les formes de coopération diplomatique avec les représentants du régime syrien dans les États, les instances et les conférences internationales ». La Ligue a également rappelé qu’elle maintient ses sanctions économiques contre Damas, dont « l’arrêt des relations commerciales avec le régime à l’exception de celles qui touchent directement les citoyens syriens ». Les ministres ont enfin salué la proposition de la Tunisie d’organiser sur son sol « une conférence des amis de la Syrie » le 24 février. Précisons aussi que l’ambassadeur de Syrie en Arabie saoudite a quitté le royaume hier sur demande expresse des autorités wahhabites, selon la chaîne el-Jazeera.
Signalons que ce texte a été voté à l’unanimité, dont l’Irak, avec l’abstention et les réserves notables du Liban et de l’Algérie.

L’énième « niet » de Damas
Sans surprise, Damas a « catégoriquement » refusé ces décisions, après avoir, avant même le début des réunions, accusé les pays arabes d’être à la solde de l’Occident. Youssef Ahmad, le délégué permanent de la Syrie à la Ligue arabe, a ainsi estimé que les décisions de l’organisation panarabe ne font que refléter « l’hystérie » de certains de ses pays. Il a également jugé « que les décisions de la Ligue arabe ont été phagocytées par le Qatar et l’Arabie saoudite : nous les refusons en gros et en détail », a-t-il dit.
Burhan Ghalioun, le chef du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, a déclaré sur el-Jazeera voir dans ces décisions « les premiers pas » vers la chute du régime, les jugeant « plus dures que les précédentes » et estimant qu’elles allaient faire « regretter au régime syrien de ne pas avoir accepté les propositions préalables ». Porte-parole du CNS, Basma Kadmani a jugé que le « niet » asséné par Damas aux décisions de la Ligue « prouve à quel point le régime s’est bunkerisé ». Quant au porte-parole du Conseil révolutionnaire de Homs, il a jugé que les résolutions de la Ligue « montrent pertinemment que les Arabes ont pris conscience de la barbarie du régime Assad », appelant aussi à la reconnaissance du CNS « comme seul représentant légal et légitime du peuple syrien ».
Dans ce contexte, le pape Benoît XVI a lancé hier un « appel pressant pour que soit mis fin à la violence et au sang versé » en Syrie et pour que les « autorités politiques privilégient la voie du dialogue et de la paix ».
Toujours sur le plan diplomatique, le président tunisien Mohammad Moncef Marzouki a souhaité hier à Alger une solution politique en Syrie « à peu près comme celle qui a été trouvée au Yémen » pour permettre au président Bachar el-Assad de quitter le pays.
En attendant, ce dernier a reçu de la commission syrienne chargée d’élaborer la nouvelle Constitution le projet qui doit être soumis à référendum début mars, a indiqué l’agence officielle SANA.

Dabi jette l’éponge ; 39 tués hier
L’autre (mini-)événement de ce dimanche a été la démission du chef de la mission arabe en Syrie, le général soudanais Mohammad Ahmad Moustapha el-Dabi. Cette démission, pour des raisons encore inconnues, intervient deux semaines après la suspension par la Ligue de sa mission d’observation en Syrie.
Sur le terrain, au moins 39 personnes, en majorité des civils, ont été tuées hier, notamment dans la ville de Homs toujours pilonnée par les forces du régime mais avec une moindre intensité que les jours précédents. Selon Rami Abdel Rahmane, le chef de l’Observatoire Syrien des droits de l’homme (OSDH), « au moins 14 personnes ont été tuées à Homs, dont 13 à Bab Amro », l’un des quartiers les plus visés par l’assaut mené par le régime depuis le 4 février. « Il y a pénurie de pain dans certains quartiers », notamment ceux bombardés, a-t-il précisé.
Ailleurs dans le pays, une femme a été tuée par une roquette qui s’est abattue sur sa maison à Rastane, dans la province de Homs, et un enfant a été fauché par des tirs de snipers dans la ville Deraa alors qu’il participait aux funérailles d’une fillette tuée la veille, toujours selon l’OSDH. La chaîne el-Arabiya faisait également état de tirs intensifs toujours à Deraa, ainsi que d’une forte explosion à Nawa, dans la même région. Dans la province de Hama, huit soldats de l’armée régulière ont été tués lors d’affrontements avec des groupes de militaires dissidents près de la localité de Kalaat el-Madik, d’après la même source. À l’entrée nord de Rastane, des combats similaires ont éclaté avant que les déserteurs ne se replient.
Pendant ce temps, à Gaza, des dizaines de Palestiniens ont manifesté hier « en soutien à la révolution syrienne, et contre la répression du régime de Bachar el-Assad ». En Jordanie, les Frères musulmans ont appelé au « jihad » contre le régime Assad, estimant qu’il s’agissait d’un « devoir islamique », quelques heures après que le chef d’el-Qaëda, Ayman el-Zawahiri, eut demandé dans une vidéo aux musulmans de Turquie, de Jordanie et du Liban de soutenir la rébellion.
Ce qui a fait bondir le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Mekdad, qui a affirmé hier que la Syrie allait présenter des preuves du soutien de pays voisins, qu’il n’a pas nommés, aux « groupes terroristes » opérant dans le pays, a rapporté SANA.
(Sources : agences et rédaction)
C’est un Saoud el-Fayçal très peu diplomate et d’une très grande fermeté qui s’est exprimé hier au cours de la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères au Caire qui a décidé de recourir à l’ONU en ce qui concerne la Syrie. « C’est comme si nous restons sourds aux voix des mères et des enfants qui demandent : “Qu’avez-vous fait après que le nombre de victimes ait dépassé les 6 000 et le nombre de blessés les dizaines de milliers ?Qu’avez-vous fait lorsque le nombre de personnes arrêtées a dépassé 70 000 ? Et qu’avez-vous fait pour notre cause après que des quartiers entiers aient été détruits à Hama et Homs, notamment Bab Amro, et que les enfants ont faim et froid ?” », s’est demandé le chef de la diplomatie saoudienne. « La Syrie avait deux choix : la voie de la...
commentaires (2)

Toute la tristesse de cette histoire a commencé lorsqu'un chameau a mis une patte dans une flaque noir dans le désert... voilà où ça nous mène aujourd'hui et qui "se déchaine" contre Assad... Ce dernier doit encore être en train claquer des dents dans la cave de son Palais!

Ali Farhat

04 h 57, le 14 février 2012

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Commentaires (2)

  • Toute la tristesse de cette histoire a commencé lorsqu'un chameau a mis une patte dans une flaque noir dans le désert... voilà où ça nous mène aujourd'hui et qui "se déchaine" contre Assad... Ce dernier doit encore être en train claquer des dents dans la cave de son Palais!

    Ali Farhat

    04 h 57, le 14 février 2012

  • Chez lui il fait quoi lui???

    Nayla Tahan Attié

    07 h 04, le 13 février 2012

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