Des élections législatives sont prévues le 2 mars en Iran. Il s’agira du premier scrutin national depuis que MM. Moussavi et Karoubi ont été battus à la présidentielle de juin 2009, dont le résultat, selon l’opposition, a été truqué en faveur du sortant Mahmoud Ahmadinejad. Le gouvernement a nié toute fraude lors de cette élection, dont le résultat a déclenché de grandes manifestations, durement réprimées par les forces de l’ordre.
Le gouverneur de la province de Téhéran, Morteza Tamaddon, a déclaré que l’appel des réformistes à manifester mercredi pour l’anniversaire des restrictions imposées à MM. Moussavi et Karoubi était un « coup de pub » des opposants à la révolution islamique. « Nous nous opposerons à cet appel en prenant toute mesure de sécurité qui s’impose », a déclaré M. Tamaddon, cité par le site Internet réformiste Kaleme. Des dizaines de milliers d’Iraniens ont participé samedi à des rassemblements organisés par le régime à l’occasion du 33e anniversaire de la révolution islamique de février 1979.
Les législatives, qui auront lieu dans moins de trois semaines, permettront de mesurer le degré de popularité des partisans de M. Ahmadinejad et de ceux du guide suprême de la révolution, l’ayatollah Ali Khamenei, sur fond de lutte entre factions conservatrices. Les réformistes ont fait savoir qu’ils boycotteraient ce scrutin, leurs revendications en faveur d’élections « libres et justes » ayant été ignorées. Un taux de participation faible saperait les efforts du pouvoir pour redorer son image, entachée par la répression des manifestations du mouvement « vert » (réformiste) de 2009.
Larijani fustige les pays du Golfe
Par ailleurs, le président du Parlement iranien, Ali Larijani, s’en est vivement pris hier aux pays arabes du Golfe. « Nous conseillons à certains pays de la région qui ont soutenu (le dictateur irakien) Saddam (Hussein) et soutiennent maintenant les complots américains contre l’Iran de changer de politique », a-t-il déclaré. « La nation iranienne ne leur accordera pas un nouveau pardon, et si ces complots contre l’Iran se matérialisent, cela aura des conséquences sur la région », a-t-il ajouté. L’avertissement du président du Parlement, personnalité influente du camp conservateur au pouvoir en Iran, intervient alors que les États-Unis et l’Union européenne ont renforcé en janvier leurs sanctions contre Téhéran par un embargo contre la Banque centrale et l’achat de pétrole iranien. Riyad s’est déclaré prêt à compenser le pétrole iranien en accroissant sa production, à la colère de Téhéran qui a dénoncé cette attitude « inamicale ».
En outre, l’Iran a accusé l’Azerbaïdjan, pays voisin, de collaborer avec les services de renseignements israéliens et d’avoir facilité les assassinats de scientifiques nucléaires iraniens ces dernières années. À ce sujet, l’ambassadeur azerbaïdjanais a été convoqué hier au ministère iranien des Affaires étrangères. Les relations entre Téhéran et Bakou se sont envenimées ces derniers mois, l’Azerbaïdjan affirmant détenir deux ressortissants azerbaïdjanais, soupçonnés de préparer des assassinats de personnalités étrangères pour le compte d’un troisième homme, lié aux services iraniens de renseignements.
(Source : agences)

