M. Wahhab, hier, en compagnie du général Aoun à Rabieh. Photo Charbel Nakhoul
Pour M. Aoun, la question gouvernementale « n’est pas parvenue jusqu’ici à une impasse totale ». Cependant, a-t-il ajouté, « il est nécessaire que M. Mikati sache qu’il a intérêt à ce que les choses n’en arrivent pas là ».
« D’autres options seront envisagées si la crise gouvernementale n’est pas réglée. Un changement de gouvernement est possible, mais il faut laisser chaque chose en son temps », a dit le député de Baabda.
Il a critiqué, en outre, le chef de l’État qui, selon lui, se comporte en « partie prenante ». « Tant qu’il jouera ce rôle, nous ne nous entendrons pas avec lui », a-t-il lancé.
Son collègue Nabil Nicolas a pour sa part nié l’existence d’une « campagne » contre le président Sleiman de la part des milieux aounistes. Selon lui, il s’agit simplement de « rectifier le cours des choses ».
M. Nicolas a néanmoins considéré que le chef de l’État « bloque les institutions » et est devenu « partie prenante dans les nominations ». Quant au Premier ministre, le député du Metn l’a accusé de « contrevenir à la Constitution » en suspendant les réunions du gouvernement. « Il a peut-être des mobiles non déclarés », a-t-il souligné.
Farid el-Khazen, député du Kesrouan et membre du même bloc, a estimé que la réaction « est venue cette fois-ci trop forte » au sujet des désaccords sur les nominations, « alors même que ce n’est pas la première fois que ce dossier est discuté ».
« C’est comme si quelqu’un souhaitait que le gouvernement cesse de se réunir », a-t-il ajouté, dans une allusion au Premier ministre.
L’ancien ministre Mario Aoun a accusé M. Mikati de « ne faire cas d’aucun avis juridique au sein du cabinet, ce qui a conduit à sa paralysie ». « Sa décision de ne plus convoquer le Conseil des ministres et son comportement condescendant transgressent la loi », a-t-il ajouté.
Mikati ne pourra pas « se protéger »
Chez les alliés du CPL, l’ancien ministre Wi’am Wahhab a tiré à boulets rouges hier sur le chef du gouvernement, à l’issue d’un entretien avec le général Michel Aoun, à Rabieh, lui adressant des menaces à peine voilées.
« Nous avec évoqué (avec le général) le sabotage qu’entreprend le Premier ministre au sein de l’État et des institutions. À mon avis, il est chargé d’une mission qui lui a été confiée par l’étranger et consistant notamment à paralyser les institutions policières et militaires pour qu’elles ne soient pas en mesure de remplir leurs devoirs », a déclaré M. Wahhab.
« Nous sommes capables de nuire à ses intérêts politiques et je ne crois pas qu’il sera en mesure de se protéger et de protéger ses intérêts dans ces tournées qu’il effectue », a-t-il lancé, avant de poursuivre : « S’il en a le courage, qu’il démissionne, ou alors qu’il revienne au Conseil des ministres et reprenne ses activités. Il y a au gouvernement une majorité et une minorité et la Constitution dit que la minorité doit se conformer au point de vue de la majorité. »
Le Premier ministre a également été la cible de l’ancien directeur général de la Sûreté générale, Jamil Sayyed. Ce dernier a accusé M. Mikati d’avoir « artificiellement » provoqué le désaccord autour des nominations pour faire en sorte que le gouvernement ne se réunisse plus. Selon M. Sayyed, il cherche à « se dérober » à ses responsabilités en évitant d’assurer à l’armée « une couverture politique pour mettre un terme à l’anarchie à la frontière et au trafic d’armes et de combattants ».
Du côté de l’opposition, le PNL a qualifié le cabinet en place de « gouvernement du chantage réciproque et du tapage médiatique destiné à dissimuler son inaction et son inefficacité ».
Le vice-président des Forces libanaises, Georges Adwan, a souligné pour sa part que le gouvernement « va d’échec en échec ». « Certains de ses ministres croient être uniques et se voient diriger le Liban tout entier, alors qu’en réalité, ils conduisent le pays vers davantage d’affaiblissement », a-t-il dit.


Le Caporal des caporaux à la boussole déréglée ne sait plus où donner de la tête.
03 h 27, le 11 février 2012