Rechercher
Rechercher

Économie - Crise De La Dette

Les trois partis gouvernementaux grecs face au dilemme de la rigueur

Selon les dernières fuites, le train de mesures prévoit une baisse de 22 % du salaire minimum, des coupes de l’ordre de 15 % dans les retraites complémentaires, des baisses de salaires dans les entreprises d’intérêt public...

Le Premier ministre grec Lucas Papademos tentait hier soir d’obtenir le soutien des chefs des trois partis de son gouvernement au plan détaillant les nouveaux efforts de rigueur réclamés à la Grèce par ses créanciers. Yannis Behrakis/Reuters

Le Premier ministre grec Lucas Papademos tentait hier soir d’obtenir le soutien des chefs des trois partis de son gouvernement au plan détaillant les nouveaux efforts de rigueur réclamés à la Grèce par ses créanciers en échange d’un deuxième renflouement.
Sans cesse ajournée depuis lundi et retardée toute la journée, la réunion, débutée en début d’après-midi avec le socialiste Georges Papandréou, le conservateur Antonis Samaras et le leader d’extrême droite Georges Karatzaferis, se poursuivait tard dans la soirée.
Les dirigeants de la coalition sont censés donner leur assentiment aux 50 pages de l’avant-projet d’accord finalisé dans la nuit par M. Papademos et la troïka représentant les bailleurs de fonds publics du pays (UE, BCE et FMI). Dans la soirée, le commentateur de la télévision Mega estimait que les dirigeants politiques ont découvert un texte « beaucoup plus dur que ce à quoi ils s’attendaient » et croyait savoir que le Premier ministre avait téléphoné en cours de réunion au commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn. Aucune confirmation n’était disponible de source officielle.
Le texte « présente les grandes lignes des nouvelles mesures » dont les créanciers de la Grèce exigent l’adoption pour débloquer un nouveau prêt d’au moins 130 milliards d’euros susceptible d’éviter une faillite annoncée de la Grèce en mars. « L’accord de principe » que MM. Papandréou, Samaras et Karatzaféris sont censés donner à cette nouvelle cure de
rigueur est attendu fiévreusement par les partenaires de la Grèce exaspérés par plusieurs jours d’atermoiements politiques autour des mesures en jeu.
Immédiatement après le début de la réunion, les créanciers publics ont fait savoir qu’une réunion de l’Eurogroupe se tiendrait aujourd’hui à Bruxelles, et le comité des créanciers privés ont annoncé qu’ils se retrouveraient aujourd’hui également à Paris « pour examiner le contenu des entretiens avec les acteurs publics ». De fait, si les partis finissent par donner leur accord, ce programme de réformes doit être déposé dès vendredi au Parlement, où la coalition gouvernementale dispose théoriquement de 255 voix sur 300, en vue d’un vote d’urgence prévu pour dimanche selon l’agence ANA.
Selon les dernières fuites, le train de mesures prévoit une baisse de 22 % du salaire minimum ainsi ramené autour de 586 euros bruts sur 14 mois, des coupes de l’ordre de 15 % dans les retraites complémentaires, des baisses de salaires dans les entreprises d’intérêt public et 15 000 suppressions d’emplois dans l’année dans le secteur public.
Le contreseing grec doit permettre le déblocage de 130 milliards d’euros dont l’octroi a été décidé fin octobre, moyennant cette cure durcissant des mesures déjà adoptées en contrepartie d’un premier prêt UE-FMI de 110 milliards en mai 2010. Sans cette nouvelle aide, la Grèce s’expose au défaut de paiement le 20 mars, à l’expiration de 14,5 milliards d’obligations. Les conséquences sociales seront douloureuses dans un pays qui entame sa cinquième année de récession.
Les syndicats ont appelé à des manifestations à Athènes ce soir, deux jours après une grève générale de 24 heures qui a fait battre le pavé à quelque 20 000 manifestants. Le prix politique s’annonce aussi élevé pour des partis qui se préparent à des élections législatives anticipées en mars ou avril. C’est aussi la raison pour laquelle la troïka des créanciers souhaite avoir leur engagement explicite à poursuivre le programme. Actuellement, la Nouvelle démocratie (droite) mène dans les sondages.
Le temps presse pour la Grèce qui a promis d’aborder la semaine prochaine l’autre volet de cette négociation internationale à plusieurs niveaux : l’opération d’effacement par les créanciers privés de 100 milliards de dettes grecques, quasi finalisée fin janvier à l’issue de tractations entre Athènes et les créanciers privés de la Grèce, représentés par l’Institut de la finance internationale (IFF). Selon le quotidien financier Naftemporiki, les derniers détails de ce PSI (« Private Sector Involvement ») ont été réglés au cours d’une rencontre mardi soir entre M. Papademos et les patrons de l’IIF à Athènes. Ce qui a permis à M. Juncker de saluer des « avancées » dans les discussions, « notamment en ce qui concerne l’implication du secteur privé ».
Le ministre grec des Finances, Evangelos Venizelos, avait indiqué que cet accord serait également soumis au vote du Parlement, avant le lancement au plus tard le 15 février de l’offre publique pour l’échange de titres, censé dégonfler la dette du pays à environ 120 % du PIB en 2020 – au lieu de 160 % actuellement – au prix de pertes réelles d’environ 70 % pour les banques et les fonds.
(Source : AFP)
Le Premier ministre grec Lucas Papademos tentait hier soir d’obtenir le soutien des chefs des trois partis de son gouvernement au plan détaillant les nouveaux efforts de rigueur réclamés à la Grèce par ses créanciers en échange d’un deuxième renflouement.Sans cesse ajournée depuis lundi et retardée toute la journée, la réunion, débutée en début d’après-midi avec le socialiste Georges Papandréou, le conservateur Antonis Samaras et le leader d’extrême droite Georges Karatzaferis, se poursuivait tard dans la soirée.Les dirigeants de la coalition sont censés donner leur assentiment aux 50 pages de l’avant-projet d’accord finalisé dans la nuit par M. Papademos et la troïka représentant les bailleurs de fonds publics du pays (UE, BCE et FMI). Dans la soirée, le commentateur de la télévision Mega estimait...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut