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Nos lecteurs ont la parole

Saint Maron et les premières communautés maronites

Sylvain THOMAS
Saint Maron, fondateur de l’Église maronite, a vécu du IVe au Ve siècle. Anachorète affranchi de la vie mondaine, moine vertueux, inspiré du Saint-Esprit, il s’adonnait à la prière et à la méditation, à la lecture de la vie des saints, à l’imitation de Jésus-Christ. Il vécut dans une profonde paix intérieure et rayonna par sa sainteté sur ses adeptes grâce à son exemple d’homme intègre, doué d’une science peu ordinaire qui fit de lui un grand directeur d’âmes et un homme profondément religieux. Il menait – en plein air, près d’un temple païen qu’il avait converti en église – une vie de pénitence et de sacrifice. Il fut bientôt connu dans toute la contrée. L’austérité de sa vie et son charisme firent de lui l’une des plus grandes célébrités de cette époque. Les foules envahirent le lieu de sa solitude. Hommes et femmes venaient solliciter sa prière ou partager sa discipline.
Saint Maron n’était ni un foudre de guerre, ni un envahisseur, ni un fondateur de royaumes, ou d’empires. Il n’est donc pas étrange que les historiens n’aient pas mentionné ses conquêtes, mais ils ont relaté ses faits et gestes ; quant aux poètes, ils ont chanté ses vertus. La vie monastique est une leçon de sainteté. En se dépouillant de tout, le moine lance au monde le plus vaillant défi. Il introduit dans la vie publique un élément compensateur dont la société d’alors sentait impérieusement le besoin. Cette communauté maronite indomptable, éprise de liberté, persévéra dans la vraie foi, en catholique convaincue en cette forteresse imprenable qu’est le Mont-Liban, et défia toutes les invasions et les persécutions de tous bords pendant quatorze siècles. Le mérite en revient à ses grands patriarches qui furent de vrais pasteurs intraitables car ils n’avaient que des « crosses de bois et des cœurs d’or ». Nous pouvons citer parmi eux, le grand saint Jean Maron (an 702), Grégoire Ier (an 786), Joseph de Gergés (an 1120) et Jean Lehfed (an 1151). Le Liban, pour eux, avait été créé pour l’éternité. Un pays ouvert et tolérant, appartenant à ses fils très fiers de leur dignité humaine et également défenseurs de leurs droits à part entière dans la patrie commune.
La ville d’Antioche compta un grand nombre de moines. Les uns menaient la vie des ascètes, sans quitter leur maison ; d’autres habitaient les monastères qui s’élevaient à l’intérieur de la cité. Mais la plupart se réfugiaient sur les montagnes voisines. C’est là que saint Jean Chrysostome passa quelques-unes des années les plus heureuses de son existence. Il parlait souvent, et avec un enthousiasme communicatif, de ces hommes qui, ayant abandonné la ville pour les montagnes, pratiquaient une philosophie sublime. C’étaient, à ses yeux, des chœurs d’anges revêtus d’un corps humain. Les moines ayant pour maître saint Maron construisaient des lieux élevés, où ils fixaient leur séjour.
Et si tels étaient les bienfaits de la vie monastique du temps de saint Maron, combien plus grands furent-ils pour les acteurs eux-mêmes ! Moyennant le dépouillement volontaire qu’ils s’imposaient pour tendre vers la perfection, les moines surent s’affranchir des affections déréglées et se vouèrent à la pratique intégrale des vertus, notamment de la charité. Leurs cellules couvraient les hauteurs qui encadrent les belles et riches vallées de l’Oronte. Theodoret – évêque de Cyr et biographe de saint Maron – les compare à une prairie émaillée de fleurs célestes. Aussi le nombre de moines se multipliait-il dans la cité et dans les campagnes qui l’entouraient. Dans l’environnement et dans l’air retentissaient des hymnes, des prières, des chants pieux à l’intonation grave, tendre et joyeuse, de ces champions de l’âme, de ces conquérants de la piété, célébrant les louanges du Dieu vivant. Avec les actions de grâce de l’âme affranchie, les hommages de la nature vaincue, alors le voyageur, le visiteur, le nouveau chrétien fraîchement converti s’arrêtait éperdu et ravi au son de ce concert sublime sortant des monastères en s’écriant : « Voilà le paradis ! ».

Sylvain THOMAS
Saint Maron, fondateur de l’Église maronite, a vécu du IVe au Ve siècle. Anachorète affranchi de la vie mondaine, moine vertueux, inspiré du Saint-Esprit, il s’adonnait à la prière et à la méditation, à la lecture de la vie des saints, à l’imitation de Jésus-Christ. Il vécut dans une profonde paix intérieure et rayonna par sa sainteté sur ses adeptes grâce à son exemple d’homme intègre, doué d’une science peu ordinaire qui fit de lui un grand directeur d’âmes et un homme profondément religieux. Il menait – en plein air, près d’un temple païen qu’il avait converti en église – une vie de pénitence et de sacrifice. Il fut bientôt connu dans toute la contrée. L’austérité de sa vie et son charisme firent de lui l’une des plus grandes célébrités de cette époque. Les foules envahirent le...
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