Museau cassé, d’ornithorynque, de crocodile ou de canard, les nez des monoplaces 2012 ne cessent d’alimenter la polémique avec une esthétique ratée. Sur le web, les forums se déchaînent : pourquoi avoir saccagé la ligne des voitures avec ces ersatz disgracieux en bout de voiture ? La raison est assez simple. La FIA a décidé d’abaisser la hauteur du museau à 55 mm par rapport au plan de référence (625 mm l’an passé) afin d’avoir la garantie que toutes les parties du museau de la monoplace se trouvent à une hauteur inférieure à celle des bords du cockpit. Cette mesure doit assurer la sécurité des pilotes en cas de choc latéral entre deux voitures.
Durant l’hiver, les designers ont planché pour offrir à leurs livrées la meilleure allure possible.
Et le résultat n’est pas franchement réussi. Même Adrian Newey ne se satisfait pas de ce museau qu’il a lui-même qualifié de « laid ». « Nous avons tenté de le styliser comme nous le pouvions », concède l’ingénieur britannique. « Notre voiture n’est pas aussi moche que celle de Ferrari », avance Helmut Marko, le très influent conseiller chez Red Bull. Lorsque les journalistes ont Stefano Domenicalli, patron de la Scuderia, à ce sujet, le dirigeant de la Scuderia répond que la beauté se jugeait aussi dans la rapidité. C’est juste, mais pas seulement. Surtout lorsqu’on représente une marque de voitures aussi prestigieuse.
Une écurie a pourtant échappé aux critiques : McLaren. L’équipe de Woking est la seule à ne pas avoir cédé à la mode en préservant un museau plongeant, similaire à celui de l’an dernier et assez conventionnel, mais qui répond tout de même aux exigences techniques de la FIA. Jenson Button et Lewis Hamilton espèrent prouver aux yeux du grand public qu’il est encore possible d’allier l’esthétisme à la performance en 2012.


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