Le monde entier a été pris de court par cette accélération prodigieuse du temps, induite notamment par la multiplication des réseaux sociaux, qui a effectivement entraîné à la fois une réduction de l’espace et une mutation au niveau du lien social et politique (dans une approche qui tient plus de la sociologie réticulaire que du fonctionnalisme primaire auquel l’on souhaite souvent asservir ces réseaux au plan analytique) et, partant, ce véritable cataclysme au plan événementiel que constitue le printemps arabe.
Il est certes beaucoup trop tôt pour porter un jugement quelconque sur une dynamique en cours, qu’elle soit encore à son stade pleinement révolutionnaire, comme c’est le cas en Syrie, par exemple, ou encore à un stade intermédiaire, comme en Égypte ou en Tunisie, puisque ce n’est finalement que sur un laps de temps très long et en fonction des nouveaux paramètres sociologiques et politiques qui continueront d’émerger qu’il sera effectivement possible de tirer certaines conclusions.
Pour tenter donc d’apporter un éclairage tout neuf et de stimuler une réflexion novatrice sur ces changements qui sortent à peine du cocon, L’Orient-Le Jour a lancé à l’automne dernier une nouvelle rubrique, dont l’objectif est d’inviter régulièrement un expert à développer une analyse sur son thème ou sa perspective de prédilection, le Liban et les affaires libanaises restant toujours en toile de fond.
Après Ziad el-Sayegh, Karim Émile Bitar, Ziad Majed, Mona Fayad et Kamal Yazigi, qui s’étaient respectivement penchés sur la création de l’État palestinien et le printemps tunisien, la sclérose manifeste du système politique libanais, et la non-violence comme principal paradigme de la dynamique révolutionnaire arabe, c’est à un spécialiste de la Turquie, Roger Baraké, ancien collègue et professeur d’histoire, que L’Orient-Le Jour s’est adressé pour passer au crible la situation de la Turquie face à ce printemps arabe.



Une délégation FL en tournée à Hasbaya et Marjeyoun en soutien aux habitants du Sud