Depuis le 17 janvier, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et d’autres rebelles touaregs affiliés à l’Alliance du 23 mai mènent une offensive visant, selon un porte-parole du mouvement, à libérer « le peuple de l’Azawad » de « l’occupation » du Mali. L’Azawad est une région au nord du Mali considérée comme le berceau des Touaregs. Les rebelles ont attaqué plusieurs villes : Ménaka (proche du Niger), Aguelhoc et Tessalit (proches de l’Algérie), puis Léré et Niafunké (proches de la Mauritanie). Ces attaques ont fait plusieurs morts et blessés des deux côtés, chaque camp arguant de lourdes pertes chez l’adversaire. Les assauts ont provoqué l’exode de milliers de personnes, qui ont trouvé refuge dans des campements au Mali, mais aussi au Niger et en Mauritanie. Hier, plusieurs dizaines de Mauritaniens vivant au Mali se sont réfugiés à l’ambassade mauritanienne à Bamako craignant pour leur sécurité, affirmant avoir peur d’être pris pour des Touaregs.
Parallèlement, des familles des militaires engagés dans le Nord, qui dénoncent le silence sur la situation de leurs proches et, selon elles, la « mollesse du pouvoir » face aux rebelles touaregs, expriment depuis mardi leur colère lors de manifestations de rue. Des protestations similaires ont été organisées hier à Bamako, à Ségou et surtout à Kati, une ville-garnison où, selon des témoins, des propriétés de Touaregs ont été saccagées ces derniers jours. Des épouses et enfants de militaires ont marché de Kati à Koulouba, où est situé le siège du palais présidentiel. Le président Touré y a reçu une délégation qui lui a exposé ses griefs. La veille, M. Touré avait exhorté les Maliens à ne pas faire « l’amalgame » entre rebelles et civils touaregs. Hier, la France a salué cette invitation « à éviter toute violence communautaire », tout en appelant au dialogue.
(Source : AFP)

