La teneur du rapport pourrait toutefois sonner pour l’Occident comme un cinglant échec, près de 11 ans après l’arrivée des forces de l’OTAN en Afghanistan pour chasser les talibans du pouvoir dans la foulée du 11-Septembre. Et alors que les talibans s’apprêtent à ouvrir une antenne politique au Qatar censée faciliter les pourparlers de paix avec les États-Unis et leurs alliés, la frange dure des insurgés pourrait se trouver confortée par le rapport et rejeter toute négociation avec l’Occident. Ainsi hier, les talibans ont déclaré qu’ils ne répondraient pas favorablement à la demande des États-Unis d’observer un cessez-le-feu comme condition à la tenue de discussions de paix. « Notre lutte et le jihad continueront jusqu’à la mise en place d’un gouvernement islamique en Afghanistan, sans prêter attention aux années 2014 et 2015 qui correspondent au retrait annoncé des soldats étrangers », a déclaré Qari Yousuf Ahmadi, porte-parole des insurgés islamistes. Ces derniers ont également nié vouloir négocier avec le gouvernement afghan en Arabie saoudite, contrairement à ce qu’un membre de leur conseil dirigeant et un diplomate de l’ambassade afghane à Riyad avaient affirmé auparavant.
Dans son rapport, l’armée américaine assure que l’Inter-Services Intelligence (ISI), les services secrets de l’armée pakistanaise, fournit une assistance aux talibans dans la conduite d’attaques contre les forces étrangères sur le sol afghan. Ces accusations ont été vivement rejetées hier par un haut fonctionnaire du ministère pakistanais des Affaires étrangères. « Nous nous en tenons à une non-ingérence en Afghanistan », a-t-il dit. En visite officielle à Kaboul pour essayer d’apaiser les relations tendues avec l’Afghanistan, la ministre pakistanaise des Affaires étrangères, Hina Rabbani Khar, a pour sa part demandé de ne tenir aucun compte de cette « fuite potentiellement stratégique ». Les talibans « n’ont besoin d’aucun soutien », a renchéri le sénateur pakistanais Tariq Azim, membre de la commission de Défense du Sénat. « Tout le monde sait qu’en 10 ans, l’OTAN n’est pas parvenue à prendre le contrôle d’une seule province en Afghanistan en raison des mauvaises politiques mises en œuvre sur le terrain », a-t-il ajouté.
Rappelons que l’OTAN a entamé en juillet un processus de transition qui prévoit le transfert de ses responsabilités en matière de sécurité aux forces afghanes d’ici à 2014. Mais certains Afghans doutent des capacités des forces afghanes à prendre le relais de l’OTAN et craignent un retour de la guerre civile. Cette épineuse question s’impose de facto au menu de la réunion des ministres de la Défense de l’Alliance, aujourd’hui et demain, après l’annonce surprise du retrait des troupes combattantes françaises à la fin 2013. La décision française provoque ainsi l’embarras à l’OTAN, où certains « craignent qu’elle n’enclenche un mouvement d’annonces de retrait prématuré » de la part d’autres alliés, selon un diplomate.
(Source : agences)

