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Moyen Orient et Monde - Reportage

Les cicatrices accusatrices des détenus pro-Kadhafi

D’anciens soldats fidèles au dirigeant libyen défunt accusent les nouvelles autorités de maltraitance et de torture.

Un détenu à la prison de Misrata montre les traces de torture dont il se dit victime. Mahmud Turkia/

Milad Mohammad Youssouf, un ex-combattant pro-Kadhafi, relève le haut de sa tenue de détenu pour montrer de profondes cicatrices témoignant, selon lui, de brûlures de cigarettes ou de coups de chaîne dont ses geôliers, à Misrata, nient être les auteurs. Le prisonnier raconte avoir été capturé fin septembre près de Misrata puis transféré le 28 octobre dans sa petite cellule de cette prison gérée par l’armée. « J’ai été battu pendant des jours à coups de chaîne et de bâton sur le dos et sur les jambes par les thowars (combattants rebelles) qui m’ont arrêté », raconte cet homme de 52 ans. Milad Mohammad Youssouf assure avoir reçu ce traitement parce qu’il venait de Touarga, une ville voisine de Misrata dont les thowars accusent les habitants d’avoir participé aux massacres et aux viols qui ont terrorisé Misrata pendant des mois. « Je n’ai commis aucun viol. J’ai combattu du côté de Kadhafi, mais j’étais dans son armée, donc je devais me battre », explique-t-il. Un autre ancien soldat pro-Kadhafi, Saleh Moustapha Abdoullah Sichan, raconte lui aussi avoir été battu à maintes reprises depuis sa capture à Tripoli. « Ils m’ont frappé encore et encore avec des câbles », explique ce jeune homme de 25 ans en montrant de longues cicatrices sombres sur ses bras.


La plupart des prisonniers affirment ignorer les charges qui pèsent contre eux et n’avoir encore jamais eu accès à un avocat. Selon les autorités, leurs dossiers sont toujours en cours de préparation. La semaine dernière, des organisations de défense des droits de l’homme ont accusé les nouvelles autorités libyennes de torturer parfois à mort les anciens partisans de Mouammar Kadhafi. Selon Amnesty International, ses délégués ont vu des traces de torture sur des prisonniers à Tripoli, à Misrata et dans de plus petites villes comme Gharyan, sous l’autorité des militaires comme d’une multitude de milices armées. Dans le même temps, Médecins sans frontières (MSF) a annoncé la suspension de ses activités dans les prisons de Misrata en dénonçant des tortures. « On nous amenait des patients pour des soins au milieu d’un interrogatoire, afin qu’ils soient aptes à poursuivre l’interrogatoire. C’est inacceptable », a insisté Christophe Stokes, directeur général de MSF.


Ibrahim Beatelmal, responsable des prisons de Misrata gérées par l’armée, a assuré que les détenus ne subissaient pas de mauvais traitements, sans pour autant garantir qu’ils n’aient pas été torturés avant leur transfert. La plupart des détenus sont en effet arrivés après avoir passé des jours ou des semaines entre les mains des thowars. « Il est très difficile de dire ce qui leur est arrivé avant qu’ils nous soient remis », a-t-il expliqué, tout en se disant surpris des déclarations d’Amnesty International et de MSF. « Je suis très en colère (...), en particulier après ce que Médecins sans frontières a rapporté. Ils doivent présenter des excuses », a-t-il ajouté. Une responsable de MSF venue rencontrer M. Beatelmal a refusé de s’exprimer davantage. « Nous avons déjà causé beaucoup de problèmes », a-t-elle lancé.


Fin 2011, l’ONU estimait que les prisons gérées par les milices comptaient 7 000 détenus, pour la plupart des ressortissants d’Afrique sub-saharienne accusés d’être des mercenaires pro-Kadhafi.


©AFP

Milad Mohammad Youssouf, un ex-combattant pro-Kadhafi, relève le haut de sa tenue de détenu pour montrer de profondes cicatrices témoignant, selon lui, de brûlures de cigarettes ou de coups de chaîne dont ses geôliers, à Misrata, nient être les auteurs. Le prisonnier raconte avoir été capturé fin septembre près de Misrata puis transféré le 28 octobre dans sa petite cellule de cette prison gérée par l’armée. « J’ai été battu pendant des jours à coups de chaîne et de bâton sur le dos et sur les jambes par les thowars (combattants rebelles) qui m’ont arrêté », raconte cet homme de 52 ans. Milad Mohammad Youssouf assure avoir reçu ce traitement parce qu’il venait de Touarga, une ville voisine de Misrata dont les thowars accusent les habitants d’avoir participé aux massacres et aux viols qui ont...
commentaires (2)

- - Elle est belle la démocratie islamique que l'occident à installé en Libye , comme en Tunisie , en Egypte , au Yémen , la même qu'ils cherchent à installer aveuglement en Syrie , mais là , c'est une autre paire de manches qu'ils n'attendaient pas .. Pour nous dire plus tard , qu'ils ne savaient pas que ça allait se passer ainsi !!!

JABBOUR André

03 h 30, le 31 janvier 2012

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Commentaires (2)

  • - - Elle est belle la démocratie islamique que l'occident à installé en Libye , comme en Tunisie , en Egypte , au Yémen , la même qu'ils cherchent à installer aveuglement en Syrie , mais là , c'est une autre paire de manches qu'ils n'attendaient pas .. Pour nous dire plus tard , qu'ils ne savaient pas que ça allait se passer ainsi !!!

    JABBOUR André

    03 h 30, le 31 janvier 2012

  • c'était à prévoir," malheur aux vaincus", tout le monde s'avait qu'il y aurait des représailles contre les miliciens pro-kadhafi.

    Talaat Dominique

    00 h 58, le 31 janvier 2012

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