Après Melbourne, Djokovic a les yeux tournés vers Roland-Garros où une quatrième victoire consécutive en grand chelem lui tend peut-être les bras... William West/AFP
En l’espace de 48 heures, Djokovic sera donc resté près de onze heures sur la Rod Laver Arena. Il a su passer outre la fatigue et la douleur pour s’imposer 7-5 au cinquième set face à Nadal, comme contre Murray en demi-finales. Même si cette finale a tenu à rien, la victoire de Djokovic peut sembler logique. Et sans la formidable hargne de l’Espagnol, sans le caractère de champion de cet incroyable compétiteur, « Nole » aurait pu, aurait dû boucler ce match plus tôt. Certes, il avait perdu le premier set, par la faute d’un service défectueux et d’une nervosité visible à l’œil nul (5-7). Mais à partir du milieu du deuxième set, le Serbe a commencé à prendre le dessus, posant un problème insoluble au Majorquin, comme c’est le cas systématiquement depuis 10 mois.
Rafa cœur de lion
Au terme de la plus longue finale de l’histoire, Novak Djokovic a vaincu Rafael Nadal en cinq sets (5-7, 6-4, 6-2, 6-7, 7-5). Plus relâché, plus fluide dans ses frappes, Djokovic a alors pris inexorablement le dessus. Lorsqu’il a mené deux manches à une, 4-3 et 0-40 sur le service de Nadal, le dénouement semblait proche. Mais Rafa, cœur de lion, a sonné la révolte. Elle n’a pas été tactique, technique, ou physique. Elle est venue des tripes. Alignant cinq points pour revenir à quatre partout, il a ensuite claqué la porte au nez de la défaite dans le jeu décisif, dans lequel il s’est retrouvé mené 5-3, avant de l’emporter 7-5. À genoux sur le court, Nadal venait de remporter une victoire sur lui-même.
Psychologiquement, on pouvait penser que le vent venait de tourner. En bon prédateur des courts, flairant l’odeur du sang, le Majorquin a sauté sur sa première balle de break depuis quasiment trois heures pour mener 4-2 dans le cinquième set. C’est là que Djokovic a été immense. Sans céder à la panique, il a pris aussitôt le service de Nadal. Finalement, c’est lui qui allait avoir le dernier mot après 353 minutes d’une lutte acharnée. Rien ni personne n’a pu lui barrer la route. Ni le talent de ses adversaires ni sa propre fatigue. Rien ne l’a perturbé. Les occasions manquées, l’interruption due à la pluie en plein quatrième set, la détermination de Nadal à ne rien lâcher. Pour toutes ces raisons, ce cinquième titre du grand chelem est le plus marquant de la carrière du Serbe. Il débarquera à Paris, au printemps, avec un grand chelem à l’horizon. Un « DjokoSlam ». Nadal sera peut-être, sûrement, encore sur sa route.


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