« Pour la première fois, le roi fait face à des défis internes et la marge de manœuvre est étroite », estime ainsi le chercheur Mohammad Masri, du Centre d’études stratégiques de l’Université jordanienne. La Jordanie a longtemps joui d’une réputation de stabilité, de sécurité et d’ouverture en comparaison avec ses voisins arabes. Mais le printemps arabe a rebattu les cartes.
Le royaume a ainsi baissé de huit points dans le classement de la liberté de la presse, passant à la 128e place, selon une étude de Reporters sans frontières. Signe d’un durcissement, un militant de 18 ans a été condamné par un tribunal militaire à deux ans de prison pour avoir brûlé un portrait du roi Abdallah II. « Les choses ont changé. La Tunisie et l’Égypte ont maintenant dépassé le royaume sur la voie de la démocratie alors que, pour les Jordaniens, la priorité va vers des mesures fermes contre la corruption et des réformes politiques sérieuses », ajoute M. Masri.
Ils réclament notamment le jugement de hauts responsables soupçonnés d’avoir détourné des milliards de dollars, alors que la dette publique s’élève à 18 milliards de dollars, dépassant 65 % du PIB. « Le roi doit montrer une réelle volonté de lutter contre la corruption, sans que personne ne bénéficie d’une immunité, quels que soient les liens d’amitié ou de parenté avec lui », estime Ali Habachneh, responsable du groupe des retraités militaires. Ces derniers ont annoncé la semaine dernière la formation du Congrès national jordanien, qui, s’il est approuvé par les autorités, deviendra le premier parti politique né du mouvement populaire. Dans ce contexte, le roi a appelé le gouvernement à agir rapidement sur le dossier de la corruption, et un ancien chef des renseignements, Mohammad Dahabi, a été frappé d’une interdiction de voyager et ses biens ont été saisis, tandis que l’ancien maire de Amman, Omar Maani, est poursuivi pour corruption.
M. Habachneh a appelé parallèlement le roi à « faire don de ses biens au Trésor et à encourager tous les membres de la famille royale à faire de même afin de calmer les esprits ». Sous pression, Abdallah II a déjà rendu publics début décembre des détails sur son appropriation, entre 2000 et 2003, de 4 827 dounoums (environ 480 ha) de terres qui appartenaient à l’État, affirmant que rien n’avait été revendu.
Néanmoins, pour Zaki Bani Rsheid, chef du bureau politique du puissant Front de l’action islamique (FAI), « rien n’augure d’une politique sérieuse pour régler les crises, ce qui explique la poursuite des manifestations et l’apparition d’un phénomène nouveau qui est l’immolation par le feu ». Rappelons que deux Jordaniens se sont immolés par le feu en janvier pour des raisons économiques. « Tous ces développements constituent une sonnette d’alarme. La seule issue est de lancer des réformes constitutionnelles, d’organiser rapidement des élections sur la base d’une loi démocratique, sans fraude », ajoute M. Rsheid, dont le parti avait dénoncé des irrégularités lors des législatives fin 2010.
Pour Mohammad Masri, le roi a « une chance historique de présenter un modèle de démocratie à travers un processus pacifique. Il ne s’agit pas de décisions correctives ici et là mais d’un vrai transfert démocratique qui donnera de nouvelles sources de légitimité » à la monarchie et « assurera la stabilité et la sécurité du pays », estime-t-il.
(Source : AFP)


C'est ici que la démocratie doit s'appliquer avant tous les autres états. Ces signataires de traité de paix sur le dos des populations qui n'en peuvent plus de voir ces dirigeants se vautrer dans la luxure et la corruption, et lorsque les bensaouds en tout genre auront eux aussi nettoyé devant leur porte, on s'attaquera aux despotes qui n'ont jamais abandonné l'idée que le régime nathanyahou/videur d'israel est le mal absolu dans la région.
05 h 11, le 28 janvier 2012