Grigori Iavlinski, un économiste et ancien conseiller du président soviétique Mikhaïl Gorbatchev, est le fondateur du parti Iabloko. Kirill Kudryavtsev/AFP
M. Iavlinski a dénoncé une décision dictée, selon lui, par le pouvoir. « Le document a été signé par (le président de la commission électorale) Tchourov, mais je suis certain que c’est Poutine qui lui a donné l’ordre de le faire », a dit cet opposant de longue date, fondateur du parti Iabloko. « L’objectif est de se débarrasser d’un candidat gênant. Iavlinski est le seul qui ne joue pas le jeu de Poutine », a expliqué de son côté le président de Iabloko, Sergueï Mitrokhine. Il a estimé que cette décision « sape la légitimité de la présidentielle » pour laquelle Vladimir Poutine est le grand favori. L’exclusion de M. Iavlinski interdit également aux observateurs du parti, qui étaient très actifs pour recenser les fraudes aux législatives du 4 décembre, de surveiller le scrutin présidentiel du 4 mars. M. Iavlinski a assuré que les 15 000 observateurs du parti allaient néanmoins contrôler le vote sous l’égide d’ONG.
La législation russe prévoit qu’un candidat n’ayant pas le soutien d’un parti représenté au Parlement, ce qui est le cas de M. Iavlinski, doit recueillir le soutien de deux millions d’électeurs. Ce système a été dénoncé depuis longtemps par l’opposition comme permettant aux autorités d’écarter un candidat gênant de manière arbitraire. Après les manifestations massives de décembre, le président Dmitri Medvedev a lui-même reconnu qu’il fallait libéraliser le système en annonçant que le nombre de signatures à rassembler allait être ramené à 300 000 pour l’enregistrement d’une candidature à la présidentielle. Aux termes de la législation actuelle, des échantillons de signatures sont vérifiés et au moins 95 % d’entre elles doivent être authentifiées pour que le candidat soit enregistré.
Dans le cas de Grigori Iavlinski, sur 600 000 signatures examinées, 153 930 ont été jugées « invalides » car il s’agissait de « photocopies », selon la commission. Un représentant de Iabloko, Boris Moïsseïev, a expliqué que le parti avait soumis « des signatures qui ont été envoyées par courrier électronique ». « Aucune loi ne l’interdit », a-t-il déclaré. Des militants du parti ont brandi devant la commission électorale des pancartes où l’on pouvait lire « Pour des élections honnêtes ». « Tchourov, démission », lisait-on sur d’autres, en référence au président de la commission électorale centrale Vladimir Tchourov, un ancien subordonné de M. Poutine à la mairie de Saint-Pétersbourg très critiqué par l’opposition.
Enfin, signalons qu’à Washington, le département d’État américain s’est dit « déçu » que Grigori Iavlinski ait été disqualifié.
(Source : AFP)

