À Idlib, face à l’intransigeance de Moscou, des manifestants antirégime ont piétiné un portrait de Vladimir Poutine. Photo Reuters
En outre, deux attentats visant les forces de sécurité à Idleb et à Mazaïrib, près de Deraa, ont fait douze morts parmi leurs membres, a annoncé le président de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. À Idleb, un attentat à la voiture piégée contre un poste de contrôle des forces de sécurité a ainsi fait six morts. Et à Mazaïrib, des soldats rebelles ont attaqué deux bus de la sécurité, faisant six morts et cinq blessés, a expliqué M. Rahmane, sans précision sur les auteurs du premier attentat.
Le chef de la mission d’observation de la Ligue arabe en Syrie, le général soudanais Mohammad Ahmad Moustapha al-Dabi, a déclaré hier que les violences avaient augmenté « de manière importante » depuis mardi, en particulier à Homs, Hama et Idleb.
Comme chaque vendredi depuis le début de la révolte, les militants prodémocratie avaient appelé les Syriens à manifester en masse contre le régime. Un appel largement entendu. À Damas, des manifestations ont ainsi eu lieu dans les quartiers de Midane, Kaboune et Barzeh, malgré des tirs des forces de sécurité dans les deux premiers, selon l’OSDH. À Deir ez-Zor, « les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants dans le quartier de Hamidiyeh, et ont encerclé la mosquée Omar ben Khattab », selon la même source.
Des manifestations ont également eu lieu à Palmyre, Jassem, Hasaka, Idlib, Maleeha, Douma, Homs, où des snipers tiraient à l’aveuglette, Deir Qanoun, Deraa, Zamalka, Hatital el-Turkman, Hama, Qamishli, Alep, Baraza, Az-Zyabeyeh, Lattaquié, Khan Shaykoun, al-Habeet, Madaya, al-Rayaka, Kafr Sajna, Moqa, Heesh, Maar Zeita, Jabala, Cheikh Moustapha, Amouda, Talbissé, Sarmeen, Qusayr, Darayya, ainsi que dans plusieurs villes du Houran. Une présence massive des Kurdes a été signalée parmi les manifestants hier, surtout à Alep, selon une source de l’opposition.
Parallèlement, l’ASL a annoncé avoir arrêté cinq militaires iraniens. Elle a appelé l’Iran à « reconnaître clairement la présence en Syrie » de militaires iraniens venus « aider le régime d’Assad », et à retirer ses troupes du territoire syrien.
À l’étranger, plus de 200 opposants au régime de Bachar el-Assad ont attaqué l’ambassade de Syrie au Caire, brisant portes et fenêtres pour pénétrer de force dans le bâtiment, avant d’en être chassés par les forces de sécurité égyptiennes.
L’intransigeance de Moscou
Sur le plan diplomatique, après plus de dix mois de révolte et des milliers de morts selon l’ONU, le Conseil de sécurité s’est réuni hier à huis clos pour discuter du dossier et un projet de résolution mis au point par des pays occidentaux et arabes, prévoyant la mise à l’écart de Bachar el-Assad, pourrait être soumis à un vote dès la semaine prochaine. Selon des sources diplomatiques, la délégation marocaine devait soumettre lors de cette réunion ce projet, rédigé par des diplomates britanniques et français en consultation avec le Qatar, le Maroc, les États-Unis, l’Allemagne et le Portugal. Signalons que ce texte vise à remplacer celui soumis par la délégation russe, jugé trop timoré par les Occidentaux. Cette nouvelle version invite notamment le Conseil à se prononcer pour une « transition politique ».
La Russie, qui a un droit de veto au Conseil, a néanmoins déjà jugé ce texte « inacceptable ». Pour Moscou, ce projet ne tient pas suffisamment compte des propositions russes et ignore certains aspects du problème qui apparaissent « fondamentaux » aux yeux du Kremlin. « Toute décision sur un règlement politique en Syrie doit être prise (...) sans condition préalable, et exiger la démission d’Assad serait une condition préalable », a indiqué à l’agence de presse Interfax le vice-ministre des Affaires étrangères Guennadi Gatilov, ajoutant que « nous ne pouvons pas appuyer un appel au départ d’Assad qui figurerait dans une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies ». M. Gatilov s’inquiète aussi du fait que le texte n’exclue pas explicitement une intervention militaire contre la Syrie, à laquelle Moscou est farouchement opposé.
Le Conseil national syrien (CNS) a réclamé de son côté que le Conseil de sécurité « condamne les crimes du régime et s’engage à juger les criminels ». Il a aussi appelé la communauté internationale à « assurer une protection internationale » aux civils. « Le régime despotique a perdu la raison depuis que la Ligue arabe a décidé de transférer le dossier (syrien) au Conseil de sécurité, et s’est mis à encercler et à bombarder à l’arme lourde plusieurs villes et villages syriens, notamment Homs, Hama, Douma et Jabal Zawiya », a affirmé le CNS. Selon Nagib Ghadban, un membre du CNS, le projet de résolution « bénéficie d’un large appui au sein du Conseil de sécurité, même du Liban, de l’Irak et de l’Algérie, le départ d’Assad n’étant plus un sujet tabou ». D’après lui, le veto russe n’est pas la fin du monde, tout en appelant à préserver les bonnes relation entre Moscou et l’opposition syrienne.
Dans ce contexte, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, doit se rendre aujourd’hui à New York, afin de solliciter le soutien du Conseil de sécurité au plan arabe. Son homologue à l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé le Conseil de sécurité à « agir de manière cohérente et d’une même voix » sur la Syrie.
Signalons finalement que le ministre des Affaires étrangères d’Oman, Youssef ben Alaoui, a affirmé hier que les pays arabes ne donneront pas leur accord à une intervention militaire étrangère en Syrie, soulignant que le seul moyen de mettre fin à la crise était un plan de paix de la Ligue arabe.
(Sources : agences et rédaction)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Il n'y a pas de doute que le régime baassiste de Damas "a perdu complètement la raison", comme dit le Conseil national syrien. Comme si tuer et tuer et tuer encore des citoyens syriens était la solution. La décision en ce sens, annoncée il y a deux jours par le ministre des Affaires étrangères Walid el-Moallem, laissait prévoir cette folie et ce bain de sang. Malheureusement on assistera encore à d'autres, bien choquants.
23 h 37, le 27 janvier 2012