Les hommes d’el-Qaëda, menés par Tarek al-Dahab, un beau-frère de l’imam radical américano-yéménite Anwar al-Aulaqi, tué le 30 septembre dans une frappe américaine au Yémen, avaient donc commencé par évacuer les bâtiments publics en fin de soirée. Des hommes armés des tribus se sont déployés à leur place dans les bâtiments évacués, à l’exception du fort historique de la ville qui a été confié à une unité de la garde républicaine, corps d’élite de l’armée, d’après un dignitaire tribal, Ali ben Ali al-Salahi. Des habitants de Radah ont tiré en l’air en signe de joie dans la nuit pour célébrer le départ des hommes armés, selon des témoins.
Selon des dignitaires tribaux, les combattants d’el-Qaëda se sont retirés de Radah sous la pression des tribus, fortement armées et hostiles à leur présence. Une délégation de 35 hommes représentant les tribus de la province de Bayda, dont fait partie Radah, a en effet négocié le retrait et « averti les hommes d’el-Qaëda que les tribus auraient recours à la force s’ils ne se retiraient pas de la ville », a par ailleurs indiqué un dignitaire tribal.
D’après ce médiateur, les combattants d’el-Qaëda ont obtenu en échange de leur retrait la promesse d’une libération de 15 personnes liées au réseau détenues par les autorités, dont Nabil, le propre frère de Tarek al-Dahab. « Cinq détenus d’el-Qaëda, dont Nabil, ont été libérés (mercredi) », a déclaré Khaled al-Dahab, un autre frère du chef du groupe, indiquant s’attendre à la libération des dix autres. « Si nos demandes ne sont pas satisfaites, nous prendrons les mesures qui s’imposent », avait indiqué un homme se présentant comme un membre des « Partisans de la charia », nom sous lequel opère el-Qaëda dans le sud et l’est du Yémen.
Saleh en route pour les USA
Par ailleurs, le président yéménite Ali Abdallah Saleh a quitté hier Mascate, où il se trouvait depuis dimanche, pour se rendre aux États-Unis, a indiqué un responsable omanais. Durant son séjour dans le sultanat, M. Saleh « n’a rencontré aucun responsable omanais », a précisé le responsable qui a requis l’anonymat. Auparavant, l’agence officielle yéménite avait annoncé son départ pour les États-Unis, indiquant que M. Saleh, contesté dans la rue depuis un an et blessé dans une attaque contre son palais à Sanaa en juin, allait poursuivre un « traitement » médical après avoir été hospitalisé en Arabie saoudite jusqu’en septembre.
Parallèlement, le vice-président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi a reçu hier à Sanaa la sous-secrétaire d’État américaine pour les Affaires politiques Wendy Sherman, qui l’a assuré du soutien de son pays à la transition politique au Yémen, selon l’ambassade des États-Unis.
(Source : AFP)

