Ces violences, les plus graves depuis 2008 dans le plateau tibétain, ont déjà poussé mardi les États-Unis à se dire « très inquiets » et le gouvernement tibétain exilé en Inde a pressé hier la communauté internationale à « intervenir pour empêcher un nouveau bain de sang ».
La province du Sichuan, proche de la région autonome du Tibet et qui compte une forte population tibétaine, est secouée depuis lundi par des manifestations dont la répression a fait plusieurs morts, selon différentes sources. Les forces de sécurité avaient alors tiré sur des manifestants « non armés », faisant de deux à six morts, non loin du monastère de Drakgo à Luhuo, dans la préfecture tibétaine de Ganzi, selon des ONG et des exilés tibétains. Pékin a confirmé le lendemain un seul mort, tombé sous les balles de sa police, en évoquant une riposte à une attaque à coups de pierres d’un « gang » comprenant des moines. Mardi encore, les troubles se sont poursuivis : entre deux et cinq Tibétains ont été tués par balles par la police chinoise dans la même préfecture, ont annoncé l’organisation Free Tibet et la radio américaine Radio Free Asia (RFA). L’agence Chine nouvelle a confirmé hier que la police avait tué la veille un « émeutier » lorsque des manifestants tibétains ont tenté de prendre d’assaut un commissariat, « l’obligeant à ouvrir le feu ». Citant un officier de police, l’agence officielle a raconté que les manifestants avaient attaqué le commissariat de Changguan dans la ville de Seda, « avec des bonbonnes de gaz, des couteaux et des pierres ». « Ils ont aussi ouvert le feu sur nous, blessant 14 policiers », a poursuivi cette source. Il était donc extrêmement difficile hier de joindre des moines ou des habitants de la préfecture de Ganzi, ainsi que les autorités locales, la police et les habitants de Seda. De plus, personne n’était joignable hier dans la localité de Drakgo à Luhuo, investie par des milliers de membres de la police armée.
Stephanie Brigden, directrice de l’ONG Free Tibet, a réfuté les allégations de violence, expliquant que « jamais il n’a été fait état de manifestations de Tibétains lors desquelles des couteaux auraient été utilisés ». « De tous les mouvements de libération dans le monde, le mouvement tibétain est probablement le plus connu pour son pacifisme », a-t-elle affirmé.
Pékin assure garantir aux Tibétains la liberté de leur culte et de leurs pratiques culturelles ainsi qu’une augmentation de leur niveau de vie grâce à des investissements importants dans ces zones sous-développées. Mais les associations de Tibétains font état d’une répression accrue depuis les émeutes meurtrières antichinoises de 2008, notamment dans les monastères, qui à son tour alimente une révolte grandissante contre le joug de Pékin. Le Sichuan est par exemple le théâtre de la majorité des 16 immolations ou tentatives d’immolation par le feu de moines et nonnes bouddhistes depuis mars 2011, protestations tragiques contre la répression de leurs libertés religieuses et de leur culture. Et en début de semaine, des tracts affirmaient une fois de plus que d’autres Tibétains du Sichuan se déclaraient prêts à s’immoler par le feu.
(Source : AFP)


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve