« Ceux qui ont pris la voie du printemps arabe doivent avoir un ferme soutien international pour réaliser leurs droits et bâtir d’authentiques démocraties », affirme le directeur de HRW Kenneth Roth dans le rapport annuel de cette organisation. Ce rapport de l’organisation de défense des droits de l’homme basée à New York a été présenté au Caire, à trois jours du premier anniversaire du début de la révolte qui a poussé Hosni Moubarak à quitter le pouvoir.
Les révoltes qui ont bouleversé cette partie du monde sont au cœur de ce rapport de 676 pages qui passe au crible 90 pays à travers la planète. HRW demande notamment aux Occidentaux de tourner définitivement la page de « l’exception arabe » visant à justifier le soutien à des régimes autoritaires au nom de la stabilité du Moyen-Orient, de la lutte contre l’islamisme ou le terrorisme, ou encore ou de la sécurité des approvisionnements pétroliers. L’organisation relève aussi la lenteur des États-Unis et de l’Union européenne pour faire pression sur Hosni Moubarak, et l’absence de « réelle pression » des Occidentaux pour empêcher Bahreïn de réprimer la contestation. Le rapport met aussi en garde contre la fragilité des progrès réalisés dans les pays arabes où les révoltes ont fait chuter des dictateurs. « Les gouvernements de transition en Tunisie, en Libye et en Égypte doivent être aidés pour revoir leurs lois répressives et rebâtir des institutions que les autocrates avaient délibérément laissées faibles et sous-développées, en particulier dans le domaine de la justice », estime HRW.
De plus, le rapport souligne que les répercussions du printemps arabe « ont été ressenties à travers le monde ». Désormais « les dirigeants en Chine, au Zimbabwe, en Corée du Nord, en Éthiopie, au Vietnam ou en Ouzbékistan semblent vivre dans la crainte de voir le peuple chasser leurs gouvernements autoritaires ». Le rapport passe aussi en revue les violations du droit de la guerre en Afghanistan et en Libye, la condition des prisonniers en Érythrée et au Vietnam, ou encore la répression des dissidents en Chine et à Cuba. Dans le cas précis de la Chine, au moins 34 journalistes chinois ont été emprisonnés en 2011 au titre des lois « ambiguës » sur l’« incitation à la subversion » ou « révélation de secrets d’État », selon HRW. Toujours dans ce rapport, l’organisation souligne que l’Irak est en train de retomber dans l’« autoritarisme », dénonçant une série d’abus dont l’existence de prisons secrètes pratiquant la torture. « L’Irak en 2011 a durement réprimé la liberté d’expression et de rassemblement en intimidant, frappant et arrêtant des militants, des manifestants et des journalistes », accuse HRW.
Les pays occidentaux sont d’ailleurs aussi épinglés pour le traitement réservé aux migrants en Europe, ou les détentions sans procès aux États-Unis.
(Source : AFP)

