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Émouvantes obsèques pour Reem el-Khoury També

C’est dans une atmosphère empreinte de vive émotion qu’ont eu lieu samedi après-midi à l’église grecque-catholique du couvent Saint-Sauveur de Sarba les obsèques de notre collègue Reem el-Khoury També, en présence d’un représentant du directeur général des Forces de sécurité intérieure, le général Achraf Rifi, des collègues de Reem de L’Orient-Le Jour et du collège Melkart, en plus des parents et de nombreux amis.

L’hommage de Nayla Zreik Fahed
Au nom des amis de Reem, Mme Nayla Zreik Fahed, professeur à l’Université Saint-Joseph, a donné lecture de l’hommage suivant :
« Parce que le rire est le propre de l’homme » (Rabelais)
« Pleurez ! » dit Scarron mourant aux femmes qui entouraient son lit, « je ne vous ferai jamais autant pleurer que je ne vous ai fait rire ».
J’invoque en vous, ici et maintenant, la présence de Reem dans les souvenirs d’une pointe d’esprit, d’un mot d’humour, d’une répartie cinglante, d’un éclat de rire.
Le rire d’ailleurs est ce qui reste quand il ne reste plus rien. Un éclat puis le néant. Le rire est la réponse de Reem face au tragique de l’existence, la réponse de la dignité face à la déchéance.
Quand Reem a demandé un médicament contre l’angoisse, elle a précisé au médecin que son souhait n’était pas de sombrer dans un état d’inconscience, mais de garder son humour, parce que l’humour était ce qui la définissait le mieux.
« You have grace » n’a pu s’empêcher de dire un médecin face à la pudeur polie de Reem qui a rendu son dernier souffle en s’excusant de l’embarras qu’elle nous causait. « Alors que nous sommes supposés sourire à nos malades pour leur donner de l’espoir, c’est votre sourire qui nous a donné de la force et du courage », lui ont écrit les infirmiers qui l’ont souvent accompagnée. Parce que l’humour est le langage même de la pudeur. Il détourne la peur, il dédramatise la souffrance, il désacralise les situations les plus difficiles. Il est l’arme avec laquelle on se défend contre le silence de notre désespérance, on résiste aux chaises d’hôpital.
Mais il faut dire que nous les avons partagées ces chaises, parfois la même à trois. Le rire nerveux de l’attente a brisé l’enfer par contagion, il a démonté le désespoir en créant des complicités qu’aucune mort ne pourra délier. Il a porté des messages essentiels, des expressions de la vie. Il nous a soufflé que cette vie que Reem a passionnément aimée était belle, que les après-midi ensoleillés, les repas interminables dans la langueur des dimanches valaient la peine, que la peur et la souffrance se domestiquaient. Il nous a appris combien on était unis malgré les tensions multiples, combien ces amitiés nouées autour d’un lit d’hôpital résisteraient au néant.
Nous avons été puissants. Nous le serons encore quand nous éclabousserons l’absence par le souvenir, quand, par le rire, nous ferons un bras d’honneur à la mort, à la maladie, à la souffrance, quand nous contrerons le tragique de notre condition par l’apparente désinvolture des mots d’humour.
Je n’ai presque pas parlé de Reem dans cet éloge que je viens de faire penserez-vous. Si. J’ai parlé d’elle avec cette même pudeur qui était la sienne et qui ne passait pas l’excellente mère, épouse, enseignante, amie qu’elle était, mais par ce qui faisait, je serai tentée de dire, son humanitude, l’humour, le rire qui est le propre des grands êtres.
Pleurez donc. Ou mieux. Riez. »
C’est dans une atmosphère empreinte de vive émotion qu’ont eu lieu samedi après-midi à l’église grecque-catholique du couvent Saint-Sauveur de Sarba les obsèques de notre collègue Reem el-Khoury També, en présence d’un représentant du directeur général des Forces de sécurité intérieure, le général Achraf Rifi, des collègues de Reem de L’Orient-Le Jour et du collège Melkart, en plus des parents et de nombreux amis.L’hommage de Nayla Zreik Fahed Au nom des amis de Reem, Mme Nayla Zreik Fahed, professeur à l’Université Saint-Joseph, a donné lecture de l’hommage suivant :« Parce que le rire est le propre de l’homme » (Rabelais)« Pleurez ! » dit Scarron mourant aux femmes qui entouraient son lit, « je ne vous ferai jamais autant pleurer que je ne vous ai fait rire ».J’invoque en vous, ici...