Les quatre candidats lors du débat jeudi soir : Rick Santorum, Mitt Romney, Newt Gingrich et Ron Paul. Jason Reed/AFP
Une victoire aujourd’hui de M. Gingrich chamboulerait donc totalement le cours du processus des primaires, qui semblaient jusqu’à maintenant quasiment gagnées pour Mitt Romney. Ce dernier a d’ailleurs de nouveau critiqué hier le passé d’élus de ses adversaires républicains, vantant son expérience d’entrepreneur « qui sait comment l’économie fonctionne ». L’emploi et l’économie en général sont deux des thèmes majeurs de la campagne présidentielle.
Les deux hommes, et leurs deux autres adversaires, le chrétien conservateur Rick Santorum et le représentant du Texas Ron Paul, un isolationniste favorable à la légalisation de certaines drogues, se sont rendus coup pour coup jeudi soir lors du dernier débat télévisé avant la primaire de samedi. Riche en rebondissements, la journée de jeudi avait été auparavant marquée par le retrait de la course du gouverneur du Texas Rick Perry, qui s’est rangé derrière Newt Gingrich. Mais M. Gingrich a surtout dû répondre aux affirmations de son ex-épouse Marianne qui a assuré à la télévision qu’il lui avait proposé quand ils étaient mariés de former un « couple libre » pour poursuivre sa relation avec sa maîtresse, devenue depuis sa troisième femme. « Cette histoire est fausse », a lancé M. Gingrich, interrogé sur ces déclarations embarrassantes en pleine campagne dans un État du Sud-Est des États-Unis connu pour son conservatisme religieux, dénonçant la couverture médiatique « méprisable » de l’entretien.
Lors de ce débat, les candidats républicains se sont aussi affrontés autour de questions soulevées auparavant durant la campagne. M. Romney, dont la fortune est estimée à plusieurs centaines de millions de dollars, a ainsi dû promettre qu’il publierait sa feuille d’impôts « en avril ». Il a en outre défendu son bilan à la tête du fonds d’investissement Bain Capital, accusé d’avoir causé la perte de dizaines de milliers d’emplois aux États-Unis. Le catholique ultraconservateur Rick Santorum, qui a appris jeudi qu’il avait en fait remporté le premier scrutin organisé début janvier dans l’Iowa contrairement à ce qui avait été initialement annoncé, a également multiplié les piques en direction de MM. Gingrich et Romney. Comme M. Gingrich, M. Santorum espère rassembler le soutien des ultraconservateurs en Caroline du Sud, où Mitt Romney est souvent accusé d’être trop modéré.
Après sa victoire la semaine dernière dans le New Hampshire, M. Romney serait quasiment assuré de décrocher l’investiture de son parti s’il l’emportait en Caroline du Sud, un État qui depuis 1980 a toujours voté majoritairement lors des primaires républicaines pour le candidat finalement investi par le parti.
Le processus des primaires doit se poursuivre État par État jusqu’à l’été. Le vainqueur affrontera le sortant Barack Obama lors de la présidentielle du 6 novembre.
(Source : AFP)

