Par ailleurs, BMI a considéré que les perspectives à moyen terme pour l’économie libanaise seraient relativement favorables en 2012 et a prévu une croissance moyenne annuelle de 5,3 % entre 2013 et 2016, ce qui porterait le PIB par habitant à environ 15 125 dollars. Toujours selon les mêmes sources, la politique demeurera un élément déterminant pour la croissance tandis qu’elle constitue un risque de dégradation des perspectives. BMI a en outre indiqué que la croissance libanaise demeurera en dessous de son potentiel sur la période 2013-2016, étant donné la faiblesse de mise en place de réformes structurelles par le gouvernement.
Par ailleurs, selon le rapport, le fait que le Liban n’ait pas eu de loi des finances depuis 2005 a contribué à contenir le déficit budgétaire qui a dépassé les 13,5 % du PIB en 2006 et qui a progressivement diminué depuis. BMI considère ainsi que l’instabilité et la paralysie politique se sont finalement révélées bénéfiques à cet égard, l’absence d’accord sur les différents budgets n’ayant pas permis aux gouvernements de valider de nouveaux plans de dépenses.
Selon le rapport, les chiffres du ministère des Finances ont montré que le déficit budgétaire s’était contracté tandis que l’excédent primaire a augmenté sur les neuf premiers mois de l’année de 2011.
BMI a cependant souligné que ces chiffres prenaient en compte un paiement ponctuel du ministère des Télécommunications, paiement qui n’a en réalité pas encore été effectué. Le rapport a ainsi précisé qu’une fois ce règlement soustrait, les revenus déclineraient de manière significative. BMI a estimé qu’il existait un risque considérable qui dépendrait du moment et de la manière dont ce paiement sera effectué.
« La reprise dépendra de l’issue politique régionale »
Même son de cloche pour Standard Chartered Bank qui a prévu une croissance économique de 3,8 % en 2012, un taux plus élevé que les 1,5 % qui étaient prévus pour 2011, mais cependant toujours en dessous des 8 % enregistrés entre 2008 et 2010.
La banque souligne également que les tensions régionales et le vide gouvernemental durant le premier semestre de 2011 ont eu pour conséquence le ralentissement général de l’activité économique au Liban.
Standard Chartered a cependant prévu une reprise pour cette année, le Liban bénéficiant notamment d’un secteur des services solide et d’une consommation interne soutenue.
La banque a par ailleurs souligné que le projet de budget 2012 prévoyait une hausse de 10 à 12 % de la TVA, qui aiderait à réduire le déficit budgétaire. Standard Chartered a ainsi prévu un déficit budgétaire à 7 % du PIB en 2012 contre 7,5 % en 2011. Le déficit de la balance courante devrait atteindre 16 % du PIB cette année contre 17,5 % en 2011.

