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Économie - Liban - Social

Quel modèle de protection sociale pour les sociétés en transition ?

Une fois le tyran renversé et l’effervescence des révolutions passée, les nouveaux gouvernements au pouvoir, quels qu’ils soient, se doivent de répondre aux attentes concrètes de leur population. Hormis un système politique démocratique, c’est une bonne protection sociale que réclament en premier lieu les citoyens. La Banque mondiale s’est intéressée à ce sujet au cours d’un atelier de travail destiné à dresser les principaux besoins et défis des pays arabes en transition.

Toutes les sociétés, à un moment ou à un autre de leur histoire, ont dû opter pour un type particulier de modèle social à suivre. La question se pose d’autant plus après un changement radical de régime politique. Au niveau international, ça a été le cas en Amérique latine dans les années 1980 avec la fin d’une série de dictatures et c’est le cas aujourd´hui dans le monde arabe. « Il est urgent de redéfinir le type de contrat social que nous voulons pour nos sociétés », a souligné le directeur régional de la Banque mondiale (BM) au Liban, Hedi Larbi, au cours de la conférence organisée à Beyrouth par la BM et qui a réuni des experts, académiciens et acteurs de la société civile autour de la question de la protection sociale dans les pays arabes en transition. « Par protection sociale nous entendons emploi, sécurité sociale et solidarité sociale », a expliqué M. Larbi. Selon lui, mettre en place un système de protection sociale solide et durable devrait être la priorité des gouvernements « car les révolutions ont puisé leur force dans la misère, le chômage et les inégalités sociales qui sévissaient dans ces pays ».


Tous les intervenants se sont accordés à dire qu’aujourd’hui, les gouvernements de la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA) devraient s’intéresser de plus près aux couches sociales les plus défavorisées, que ce soit dans les pays qui ont connu un changement de régime ou non. « La part du PIB allouée à la protection sociale est encore largement insuffisante dans la plupart des pays arabes. En Irak elle est de l’ordre de 8 %, en Tunisie et Jordanie de 3 %, en Libye de 2 %... », a souligné M. Larbi, qui a pointé du doigt des taux de chômage très élevés, la grande difficulté des jeunes diplômés à trouver un emploi adapté et l’hémorragie de matières grises.
La responsable du département social de l’Escwa au Liban, Gisela Nauk, est du même avis sur l’urgence pour les gouvernements arabes à adopter des réformes pour une meilleure protection sociale. « Socialement, elle assure aux plus défavorisés un niveau de vie digne, économiquement elle redynamise la croissance et la consommation en incluant plus de gens dans l’activité économique et politiquement elle a un effet de stabilisateur en assurant plus de justice et de cohésion sociale », a affirmé Mme Nauk.


Sur le principe donc tout le monde est d’accord, reste encore à trouver le modèle adapté à chaque pays et à chaque situation. Tarsicio Catañeda, un expert international de la protection sociale qui a conseillé plusieurs gouvernements latino-américains en transition sur le type de modèle social à mettre en place, a tiré ces conclusions. La protection sociale doit pouvoir répondre rapidement aux besoins des gens, doit être automatique et non liée à la conjoncture ou au budget de l’État et, surtout, doit être transitoire et complémentaire d’autres mesures à plus long terme (programmes de microcrédit, formations...).

Plusieurs barrières techniques se dressent encore
 Définir qui est pauvre, qui ne l’est pas, reste très délicat et même si plusieurs critères internationaux existent à cet égard, ils sont souvent biaisés puisqu’ils prennent en compte des tranches de revenus très stricts. « Par exemple, dans certains pays de la région, près de 15 % de la population n’est pas considérée comme pauvre car elle gagne 50 centimes de plus que le niveau fixé pour le seuil de pauvreté », explique M. Larbi. Et même si ce problème était réglé, il en reste un autre, très important, qui est celui du secteur informel. « Comment protéger les personnes les plus en difficulté si plus d’un quart du PIB des pays de la zone MENA est assuré par la main-d’œuvre informelle ? » s’est interrogée la coordinatrice à la BM du département de développement humain pour la région MENA, Haneen Sayed.
L’économiste brésilien à la BM, Joao Azevedo, s’est, lui, intéressé au problème des données et des statistiques. Il a dressé un parallélisme entre le libre accès à l’information et le type d’État. « En dictature on utilise l’information pour se donner du crédit et l’accès y est extrêmement limité. » L’enjeu est donc de taille pour les gouvernements en transition qui doivent se servir au mieux des statistiques pour comprendre les besoins de la société et pouvoir ainsi établir les réformes sociales à mettre en place.


Enfin, et pour une application optimale de cette protection sociale, l’accent a été mis sur un critère beaucoup moins technique, mais tout aussi important : l’engagement à long terme, la bonne volonté et la transparence des gouvernements. Pour les pays arabes en transition, c’est le moment ou jamais pour prouver que des réformes sont possibles, pour les autres, le chemin semble être encore bien long...

Toutes les sociétés, à un moment ou à un autre de leur histoire, ont dû opter pour un type particulier de modèle social à suivre. La question se pose d’autant plus après un changement radical de régime politique. Au niveau international, ça a été le cas en Amérique latine dans les années 1980 avec la fin d’une série de dictatures et c’est le cas aujourd´hui dans le monde arabe. « Il est urgent de redéfinir le type de contrat social que nous voulons pour nos sociétés », a souligné le directeur régional de la Banque mondiale (BM) au Liban, Hedi Larbi, au cours de la conférence organisée à Beyrouth par la BM et qui a réuni des experts, académiciens et acteurs de la société civile autour de la question de la protection sociale dans les pays arabes en transition. « Par protection sociale nous entendons...
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