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Économie - Éclairage

Bruxelles entame le bras de fer avec Budapest

L’exécutif européen a proposé aux États de l’UE de reconnaître que la Hongrie n’en a pas assez fait pour corriger son déficit public.

Malgré les réserves des institutions internationales, Viktor Orban a fait adopter au Parlement fin décembre toute une batterie de lois contestées, ce qui a conduit dans une impasse les consultations en vue d’un crédit auprès du Fonds monétaire international (FMI) et de l’UE. Laszlo Balogh/Reuters

La Commission européenne a haussé hier le ton face au gouvernement conservateur hongrois de Viktor Orban en menaçant de traîner Budapest en justice si rien n’était fait pour modifier des lois controversées sur la justice et la Banque centrale.
Cette mise en garde coïncide avec une autre offensive de Bruxelles, sur le terrain économique cette fois. L’exécutif européen a proposé aux États de l’UE de reconnaître que la Hongrie n’en a pas assez fait pour corriger son déficit public, ce qui ouvrirait la voie à des sanctions économiques : le gel partiel ou total de plus d’un milliard d’euros d’aides européennes.
Le bouillant Premier ministre hongrois avait déjà eu maille à partir avec l’exécutif européen l’an dernier à propos de sa loi sur les médias, alors qu’il occupait la présidence tournante de l’UE. S’il avait à l’époque accepté d’en modifier certains aspects, les réformes qu’il vient de faire adopter fin décembre lui ont attiré de nouvelles critiques, tant à Bruxelles que de la part du Fonds monétaire international, en particulier en ce qui concerne la Banque centrale. La Commission juge notamment inacceptable que le président de la Banque centrale puisse être flanqué d’adjoints nommés par le gouvernement. Elle s’inquiète aussi de l’indépendance des juges et de celle de l’autorité de supervision pour la protection des données. « La Commission, en tant que gardienne des traités, reste préoccupée » par ces points, a souligné hier sa porte-parole Pia Ahrenkilde-Hansen. Bruxelles se réserve le droit de lancer le 17 janvier des procédures en infraction contre Budapest. « Nous espérons que la Hongrie d’elle-même entame les démarches pour résoudre le problème afin que nous n’ayons pas à passer par des procédures d’infractions longues et compliquées », a-t-elle précisé.
Concrètement, des lettres de mise en demeure pourraient être envoyées la semaine prochaine au gouvernement hongrois pour lui donner deux mois afin de se conformer au droit européen, faute de quoi des poursuites seraient entamées devant la Cour européenne de justice. De la question de l’indépendance de la Banque centrale dépend aussi la reprise des négociations sur une aide économique demandée par Budapest à l’UE et au FMI. Autant de points qui seront abordés lors d’une réunion le 20 janvier entre le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn et le négociateur hongrois, Tamas Fellegi.
Mais alors que des dizaines de milliers de Hongrois sont descendus dans la rue pour dénoncer les accents antidémocratiques des réformes constitutionnelles et que la seule radio d’opposition du pays, Klubradio, s’est vu retirer sa licence, Bruxelles hésite encore à aller plus loin. Au Parlement européen, libéraux-démocrates, socialistes et Verts menacent de mettre la Hongrie au ban de l’Europe en lançant à son encontre la procédure prévue à l’article 7 du traité européen, qui permet de suspendre un État de ses droits de vote en cas de « violation grave » des valeurs de l’UE. La Commission européenne exclut cette option, car elle estime n’avoir « pas assez de soutien » de la part des États, souligne un fonctionnaire européen sous couvert d’anonymat.
Helle Thorning-Schmidt, Premier ministre danois, qui assure la présidence tournante de l’UE, s’est dit hier « très satisfaite » de la décision de la Commission à l’encontre de la Hongrie. Mais dans l’ensemble, peu de voix s’élèvent en Europe sur le cas hongrois, relève ce fonctionnaire. Du coup, « on agit sur ce qu’on peut et ce sur quoi on a des certitudes », résume-t-il en se réjouissant néanmoins que « les pressions commencent à avoir de l’effet ».
De fait, les services de Viktor Orban ont fait savoir qu’ils étaient prêts « à négocier et à chercher des solutions » avec la Commission européenne. En assurant que « la Hongrie est un État de droit, le gouvernement est attaché aux valeurs européennes universelles ».
           (Source : AFP)
La Commission européenne a haussé hier le ton face au gouvernement conservateur hongrois de Viktor Orban en menaçant de traîner Budapest en justice si rien n’était fait pour modifier des lois controversées sur la justice et la Banque centrale.Cette mise en garde coïncide avec une autre offensive de Bruxelles, sur le terrain économique cette fois. L’exécutif européen a proposé aux États de l’UE de reconnaître que la Hongrie n’en a pas assez fait pour corriger son déficit public, ce qui ouvrirait la voie à des sanctions économiques : le gel partiel ou total de plus d’un milliard d’euros d’aides européennes.Le bouillant Premier ministre hongrois avait déjà eu maille à partir avec l’exécutif européen l’an dernier à propos de sa loi sur les médias, alors qu’il occupait la présidence tournante de...
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