Tout en se disant en principe en faveur de la proportionnelle, le député Ahmad Fatfat a pointé du doigt les lacunes et failles du projet de loi présenté, notamment au niveau de la répartition des circonscriptions qui, selon lui, recèle plusieurs déséquilibres en termes du nombre des habitants et de la surface géographique des circonscriptions. Il a en outre démontré comment la technique de l’opération de décompte des voix peut faire dévier le système de ses objectifs.
Répondant aux critiques de M. Fatfat, le ministre de l’Intérieur s’est engagé à prendre en considération toutes les remarques du député une fois que ce dernier se serait prononcé clairement en faveur de la proportionnelle.
À son tour, le député Akram Chehayeb a dénoncé ce qu’il a appelé les divisions verticales de la société libanaise et les clivages confessionnels. Et de se demander : comment parvenir à une loi électorale fondée sur la proportionnelle alors que nous n’avons pas encore procédé à l’élimination du confessionnalisme ?
Selon lui, et à la lumière du contexte actuel, la proportionnelle reste théorique et ne conduira pas à éliminer le phénomène de marginalisation de certains groupes de la société. Et de préconiser le retour au texte de la Constitution de Taëf pour établir une nouvelle loi électorale. Commentant la technique du vote préférentiel prévu dans le projet de loi étudié, il a relevé le fait que le premier vote ira en définitive au chef de liste alors que le second vote aura un caractère confessionnel. Le député s’est également prononcé en faveur des réformes, notamment le vote des Libanais résidant à l’étranger, la représentation de la femme et l’abaissement de l’âge de vote, sachant qu’il existe plus de 200 pays au monde où les jeunes de 18 ans ont acquis le droit de vote, a-t-il rappelé.
Le député du Hezbollah Ali Fayad a annoncé dès le départ que son parti ne s’est pas encore prononcé sur la question de la loi électorale, soulignant qu’il est toutefois ouvert aux différentes propositions permettant de parvenir à une large entente entre les parties libanaises.
M. Fayad a tenu à mettre l’accent dès le départ sur la différence des approches adoptées pour parler de ce sujet, faisant la distinction entre l’approche politique et l’approche purement technique, ou scientifique, des modes de scrutin. Sur le plan politique, personne ne conteste le fait que la position des partis politiques est conditionnée par les intérêts de ces derniers, a-t-il dit.
En principe, a ajouté M. Fayad, le Hezbollah exprime sa préférence pour le système proportionnel. Cependant, il reste convaincu que la proportionnelle ne changera pas grand-chose à l’équation politique, bien qu’elle permet l’amorce d’une réforme. Le député a rappelé au passage que le système proportionnel a été créé au départ pour protéger la diversité et éviter la marginalisation. Cependant, a-t-il dit, plus la circonscription est grande et plus on se rapproche des effets bénéfiques de la proportionnelle. Plus la circonscription est petite, plus on se rapproche des effets du système majoritaire. Et de préconiser à son tour le retour au texte de Taëf comme texte de référence pour tout projet de loi électorale.
Enfin, le député Joseph Maalouf, membre du bloc parlementaire des Forces libanaises, qui s’est clairement prononcé en faveur des réformes (quota féminin, abaissement de l’âge de vote, vote des émigrés...) a évoqué à son tour les techniques de décompte et la division des circonscriptions qui peuvent en définitive faire dévier le système proportionnel de ses objectifs, a-t-il dit.

