Dans ce contexte, les députés du 14 Mars préparent une campagne parlementaire visant M. Ghosn, par le biais de questions écrites et d’interpellations, mais aussi en vue de la réunion de la commission parlementaire de la Défense, lundi prochain, sous l’égide de son président, le député Samir Jisr (bloc du Futur).
Le député FL Élie Keyrouz (Bécharré) a ainsi adressé hier par le biais de la présidence de la Chambre une question écrite au gouvernement et, en particulier, au ministre de la Défense autour de la responsabilité des propos qu’il a tenus, des investigations qui sont menées à ce sujet et, plus généralement, de la situation à la frontière libano-syrienne.
Son collègue Antoine Zahra (Batroun) a annoncé de son côté que l’opposition allait « suivre par les moyens parlementaires l’affaire de l’implication forcée du Liban dans la défense du régime syrien » et annoncé que des interpellations en nombre étaient prêtes.
Pour M. Zahra, le camp du 8 Mars « a montré jusqu’ici qu’il était disposé à rendre tous les services qui lui sont demandés par le régime syrien ou par l’instance armée du Hezbollah ».
Pour sa part, Mohammad Hajjar, député du Chouf (bloc du Futur), a souhaité que le président de la Chambre, Nabih Berry, « permette à l’opposition de s’acquitter de sa tâche de contrôle et de poser la question de confiance au sujet du ministre de la Défense ».
Au sein du gouvernement, le ministre joumblattiste des Travaux publics, Ghazi Aridi, a réitéré son rejet de toute accusation contre la localité de Ersal. « En tant que gouvernement, nous ne pouvons pas nous comporter de manière à organiser des fuites d’informations », a-t-il souligné. « Si nous disposons d’éléments sérieux, nous devons les exposer à la table du Conseil des ministres et en assumer tous la responsabilité sur la base de notre accord pour interdire toute action contre la Syrie impliquant le Liban. Mais de là à exprimer des positions ou à filtrer des informations qui mènent à des secousses, des contradictions, des polémiques et des accusations qui inquiètent les Libanais sans que nous ne sachions la vérité, cela ne sert pas le Liban, ni sa stabilité et donne une mauvaise image de l’action gouvernementale », a-t-il dit.
Le député Ziad Kadri (Békaa-Ouest) a noté pour sa part qu’il est « apparu que les motivations du ministre de la Défense sont éminemment politiques ». Comme le sont aussi, selon lui, les déclarations faites mardi par le chef des Marada, Sleimane Frangié, lors de la conférence de presse qu’il avait tenue pour venir au secours de M. Ghosn, proche de lui.
« Le timing des propos de Ghosn est en rapport avec les factures payées à intervalles réguliers au régime syrien afin de lui permettre d’acheter le temps nécessaire afin de surmonter la crise qu’il traverse », a ajouté M. Kadri.
Il a indiqué que son camp allait saisir l’occasion de la réunion, lundi prochain, de la commission parlementaire de la Défense pour obtenir de la part du ministre des éclaircissements sur les renseignements dont il dispose et sur « les nombreuses contradictions apparues à ce sujet au sein du gouvernement ».
Samy Gemayel, député du Metn et coordinateur du comité central Kataëb, a noté les positions contradictoires des membres du gouvernement au sujet des propos du ministre de la Défense et de la situation à Ersal.
« Jusqu’à cet instant, les Libanais n’ont pas su quel était le résultat officiel et définitif à ce sujet, d’autant que le Conseil supérieur de la défense s’est réuni sans que rien n’en sorte sur ce plan, ce qui est surprenant », a déclaré M. Gemayel.
« L’État libanais se doit d’assumer sa responsabilité dans cette affaire. Le Conseil des ministres est censé déboucher sur une formule définitive et officielle confirmant ou au contraire infirmant la présence d’el-Qaëda », a-t-il dit.
Le ministre de l’Énergie et des Ressources hydrauliques, Gebran Bassil, a estimé que la présence d’éléments d’el-Qaëda au Liban « est une réalité », mais qu’elle existe sous d’autres dénominations.
« S’il se trouve des gens au sein du gouvernement et ailleurs qui voudraient détourner leur regard des martyrs de l’armée libanaise et de tous les martyrs tombés sous les coups des extrémistes et des intégristes islamistes, il faudrait qu’ils le disent publiquement », a ajouté M. Bassil.
Selon lui, M. Ghosn « n’a ciblé ni un groupe ni une localité ». « Ceux qui veulent exploiter politiquement cette affaire et se solidariser avec les intégristes aux dépens des martyrs de l’armée libanaise devraient en assumer la responsabilité », a-t-il dit.
Enfin l’ancien président de la République Émile Lahoud s’est élevé contre les critiques adressées au ministre de la Défense « du simple fait qu’il avait exprimé une opinion au sujet d’une question sécuritaire » et estimé que ces critiques constituent une atteinte « à l’autorité du ministre en vertu des accords de Taëf ».
Prenant la défense du président syrien Bachar el-Assad, M. Lahoud a d’autre part exprimé son étonnement face à l’attitude de « ceux qui misent sur la chute de la Syrie et vont jusqu’à en déduire les répercussions sur le Liban ».


- - Tiens , ils ne parlent plus de Beyrouth ville démilitarisée ! Aujourd'hui c'est Ersal qui les préoccupe !! Hier c'était le TSL , de quoi nous parleront-ils demain ? C'est la débandade totale accompagnée d'une faillite politique sans précédent , avec comme preuve et titre , la fuite de leur chef de file .
01 h 48, le 06 janvier 2012