Un jeune Syrien livre du fuel dans un quartier résidentiel de Damas. L’arrivée de l’hiver, les attaques contre les gazoducs et les centrales électriques, ainsi que l’embargo pétrolier imposé par l’Europe ont provoqué une pénurie d’électricité et de produits raffinés. Photo AFP
Les effets de l’insurrection contre le régime du président Bachar el-Assad se ressentent sur l’économie syrienne, qui tourne au ralenti, même si la capitale Damas semble encore une métropole active. « Méfiez-vous des apparences, les gens sont dans la rue juste pour se promener, contempler les vitrines et peut-être boire un thé, pas plus », affirme le jeune propriétaire d’un petit snack branché.
Dans le cœur historique de la capitale syrienne, les demeures plusieurs fois centenaires transformées en hôtels de luxe qui affichaient complet en temps normal sont presque vides. « L’économie fonctionne au ralenti alors que le tourisme, qui représente 17 % du PIB, est au point mort », souligne Jihad Yazigi, rédacteur en chef du bulletin économique The Syria Report. « Plusieurs usines qui dépendent du marché local ferment leurs portes car la consommation connaît une baisse dramatique. Le manque de perspectives politiques est un grand facteur d’instabilité, car il attise le manque de confiance des investisseurs et des consommateurs », ajoute M. Yazigi.
Devant une station-service, des dizaines de personnes munies de gros bidons rouges attendent pour s’approvisionner en mazout de chauffage. L’arrivée de l’hiver, les attaques contre les gazoducs et les centrales électriques, ainsi que l’embargo pétrolier imposé par l’Europe ont provoqué une pénurie d’électricité et de produits raffinés.
La croissance économique dont se targuait la Syrie depuis 2005 cède la place à une récession qui frappe surtout les classes les plus défavorisées. Selon un document publié en décembre par le ministère du Travail, le chômage touche désormais entre 22 et 30 % de la population active, alors qu’il fluctuait officiellement autour de 9 % avant 2011.
Sonia Khanji, propriétaire d’une agence de production et de distribution de produits cosmétiques à Damas, affirme avoir « réduit les dépenses, notamment les heures de travail et les salaires, afin d’éviter de licencier des employés ou même de fermer » son entreprise. « La consommation a baissé et les produits de luxe sont les premiers affectés par la crise », souligne Mme Khanji, ajoutant que « même nos exportations vers la Jordanie, l’Irak et les Émirats arabes unis ont chuté, car la situation qui prévaut dissuade nos partenaires de conclure de nouveaux contrats ».
En dépit du ralentissement de l’économie, certains secteurs prospèrent, notamment l’agriculture, qui représente 24 % du PIB et occupe un quart de la population active (production de céréales, coton, olives, agrumes), grâce à une récolte favorable dopée par les pluies abondantes. C’est également le cas de l’immobilier, en pleine expansion. Dans la banlieue sud de Jaramana, comme partout ailleurs en Syrie, les chantiers de construction de nouveaux immeubles, souvent illégaux, se multiplient.
« Le domaine immobilier connaît un boom, car il s’agit d’un secteur refuge en temps de crise, en raison de la crainte que suscite une éventuelle chute de la livre syrienne. Tout comme la construction, qui a bénéficié de la clémence des autorités face aux contrevenants qui entreprennent des travaux illégaux », affirme Jihad Yazigi.
Les institutions de l’État ne semblent pas non plus touchées par les troubles. Les fonctionnaires ont ainsi bénéficié d’augmentations de salaire de l’ordre de 20 à 30 % décrétées en avril, même si cette hausse a été quelque peu diluée par la dévaluation de la livre, qui a depuis perdu plus du quart de sa valeur.
« Il faut reconnaître que la Banque centrale a géré mieux que prévu le taux de la livre syrienne et l’inflation, deux indicateurs-clés de l’économie, qui semblent encore sous contrôle », remarque toutefois Jihad Yazigi.
(Source : AFP)
Dans le cœur historique de la capitale syrienne, les demeures plusieurs fois centenaires transformées en hôtels de luxe qui affichaient complet en temps normal sont presque vides. « L’économie fonctionne au ralenti alors que le tourisme, qui représente 17 % du PIB, est au point mort », souligne Jihad Yazigi, rédacteur en chef du bulletin économique The Syria Report. « Plusieurs usines qui dépendent du marché...

