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Moyen Orient et Monde - Le Billet

La Libyenne, la Française et la Libanaise

Dix pour cent des sièges de l’Assemblée constituante libyenne, qui doit être élue en juin prochain, seront réservés aux femmes, qui représentent plus de 50 % de la population libyenne. L’Assemblée devant être composée de 200 membres, ce sont donc 20 femmes qui y siégeront, si l’on en croit le projet de loi électorale rendu public lundi.
L’on comprendra que les féministes libyennes se soient étranglées à la lecture de ce projet de loi.


Mais elles pourront trouver compréhension et empathie auprès de leurs congénères bahreïnies (10 % de femmes à la Chambre des députés), bissau-guinéennes (10 % de femmes de l’Assemblée nationale populaire), voire chypriotes (10,7 % de la Chambre des représentants) ou japonaises (11,3 % de la Diète).


Elles pourront également faire un crochet du côté des Américaines (16,8 % de la Chambre des représentants), voire des Françaises, (18,9 % de l’Assemblée nationale).


À ces Françaises, elles pourront aussi demander, entre deux bouchées de croissant sur les Champs-Élysées, pourquoi Anne Sinclair est la femme qui les a le plus marquées en 2011. Et ce devant Christine Lagarde, directrice générale du FMI, au vu des résultats d’un sondage réalisé en France en décembre dernier. Demander à ces Françaises pourquoi elles ont été plus marquées par cette figure de tragédie grecque n’hésitant pas, stoïque, à vendre un ou deux Picasso pour financer la défense de son époux adultère multirécidiviste, que par une avocate, ex-ministre, placée au 9e rang du classement Forbes des femmes les plus puissantes au monde.
Christine Lagarde qui, cela dit en passant, est la femme qui a le plus marqué les hommes français en 2011, selon le sondage précité.


Pour se défendre, les Françaises pourront invoquer l’appétit hexagonal pour le mélodramatisme, tout en tentant de remonter le niveau en citant une étude montrant que les Françaises accordent moins de leur temps aujourd’hui qu’il y a dix ans aux tâches ménagères. Elles oublieront néanmoins de dire que le temps octroyé par les hommes à ces tâches n’a pas augmenté. Donc, pas de rééquilibrage de la répartition des tâches ménagères entre conjoints, simplement des maisons plus crades.


En désespoir de cause, et pour éviter une question – qui ne manquerait pas d’être posée et dont la réponse serait déprimante – sur l’égalité salariale entre hommes et femmes en Hexagone, les Françaises renverront les ex de Kadhafi outre-Manche où Auntie BBC n’hésite pas à coller un panda dans son classement des 12 « femmes » ayant le plus marqué l’année écoulée.


Pour réconforter les Libyennes sur leur sort et leur permettre de remettre en perspective les affres du nouveau projet de loi électorale post- « Guide », il ne restera, finalement, que le Liban. Le Liban où les femmes ne représentent que 3,1 % du Parlement, soit 0,1 % de plus que les Comores. Le Liban où les femmes sont inexistantes au sein du gouvernement. Le Liban où les femmes ne peuvent transmettre leur nationalité. Le Liban où les députés n’en finissent plus de tergiverser pour criminaliser le viol entre époux.

Dix pour cent des sièges de l’Assemblée constituante libyenne, qui doit être élue en juin prochain, seront réservés aux femmes, qui représentent plus de 50 % de la population libyenne. L’Assemblée devant être composée de 200 membres, ce sont donc 20 femmes qui y siégeront, si l’on en croit le projet de loi électorale rendu public lundi.L’on comprendra que les féministes libyennes se soient étranglées à la lecture de ce projet de loi.
Mais elles pourront trouver compréhension et empathie auprès de leurs congénères bahreïnies (10 % de femmes à la Chambre des députés), bissau-guinéennes (10 % de femmes de l’Assemblée nationale populaire), voire chypriotes (10,7 % de la Chambre des représentants) ou japonaises (11,3 % de la Diète).
Elles pourront également faire un crochet du côté des...
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