"Ce matin des policiers appuyés par des vigiles locaux ont tiré des gaz lacrymogènes sur nous et quand nous avons refusé de partir ils nous ont frappés avec des crosses de fusils et des matraques pendant que des cars de police fonçaient dans la foule", a déclaré à l'AFP Audu Bulama, l'un des organisateurs de la manifestation.
D'après lui, au moins 300 personnes ont été blessées au cours de cet affrontement et 19 manifestants ont été brièvement interpellés. Selon un autre organisateur de la manifestation, Baffa Abdurrahman, la police s'est comporté violemment.
La police de Kano a démenti ces affirmations. Un porte-parole a affirmé que des criminels s'étaient introduits dans la place après le départ des manifestants, forçant la piolice à entrer en action.
"Les vrais manifestants qui occupaient le square du Jubilée d'argent avaient manifesté pacifiquement et s'étaient dispersés", a indiqué Magaji Majia.
Le Nigeria connaît un climat social particulièrement fiévreux après le doublement des prix des carburants à la suite de la décision du gouvernement de supprimer les subventions, le 1er janvier.
Une centaine de professeurs d'Université ont eux aussi marché dans les rues de Kano pour protester contre la hausse des prix de l'essence et contre les violences rapportées de la police. Aucun incident violent n'a été relevé.
Par ailleurs, dans la capitale économique Lagos, un groupe de 30 avocats ont manifesté jeudi pour les mêmes raisons.
Une grève nationale est prévue pour la semaine prochaine.
L'ONG britannique de défense des droits de l'homme Amnesty International a de son côté appelé les autorités nigérianes à "cesser immédiatement tout usage excessif de la force contre les manifestants", après les informations faisant état d'un mort parmi les manifestants mardi, et que la police a démenti.
Plusieurs manifestations ont déjà eu lieu ces derniers jours, notamment à Lagos, Abuja et Kano, où elles ont été pour la plupart dispersées par la police.
La suppression des subventions des prix du carburant est très impopulaire au Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique et pays le plus peuplé du continent avec 160 millions d'habitants dont la majorité vit avec moins de deux dollars par jour.
Annoncée par surprise par le gouvernement dimanche, cette mesure a eu pour conséquence une hausse en flèche des prix à la pompe, le litre d'essence passant dès lundi de 65 nairas (0,30 euro) à au moins 140 naira (0,66 euro).
"Ce matin des policiers appuyés par des vigiles locaux ont tiré des gaz lacrymogènes sur nous et quand nous avons refusé de partir ils nous ont frappés avec des crosses de fusils et des matraques pendant que des cars de police fonçaient dans la foule", a déclaré à l'AFP Audu Bulama, l'un des organisateurs de la manifestation.
D'après lui, au moins 300 personnes ont été blessées au cours de cet affrontement et 19 manifestants ont été brièvement interpellés. Selon un autre organisateur de la manifestation, Baffa Abdurrahman, la police s'est...


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