Critiquant de son côté « l’absentéisme du gouvernement face aux violations par l’armée syrienne des frontières libanaises », le vice-président des Forces libanaises, le député Georges Adwan, a affirmé que « les FL ont présenté une question au gouvernement qui sera transformée en interpellation » sur la question de Ersal. Et M. Adwan de préciser à ce sujet : « Nous poserons une motion de censure contre le ministre Ghosn, à partir de nos responsabilités visant à protéger le Liban en tant que députés. » Dénonçant « l’absence de solidarité dans un cabinet où chaque ministre détient son supra-État », M. Adwan s’est demandé « à quel pays appartient le ministre Ghosn, puisque le président de la République Michel Sleiman et le président du Conseil Nagib Mikati ont tous deux nié l’existence d’el-Qaëda au Liban ».
Dans ce cadre, le membre du bureau politique du courant du Futur, l’ancien député Moustapha Allouche, a relevé la nuance entre « l’existence de personnes qui réfléchissent suivant le mode de pensée d’el-Qaëda au Liban, et dont on ne saurait déterminer le nombre, même s’ils sont reconnaissables aux propos qu’ils tiennent (...), et l’existence effective de cette organisation, qui est une toute autre affaire et qui constituerait le problème véritable ».
Le mufti Kabbani
Parmi les réactions enregistrées hier au sujet de Ersal, citons celle du mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani, qui s’est prononcé sur la question, se désolant de « la polémique sur l’existence d’el-Qaëda » et dénonçant la tentative de certains de « s’en prendre à Ersal en affichant ses fils comme des terroristes ». Insistant sur « le patriotisme » des habitants de cette région de la Békaa, au-delà de toute considération confessionnelle, le mufti Kabbani a estimé qu’il « vaudrait mieux pour l’État et ses services de sécurité d’enquêter sur toute information qu’ils détiennent afin d’en prouver la véracité et pouvoir arrêter ceux qui menacent la stabilité ».
Hariri
Pour sa part, dans un échange sur le réseau social Twitter, l’ancien Premier ministre Saad Hariri a fait part de sa « disposition à reprendre un dialogue sérieux avec les différentes parties, mais dans le cadre des accords de Taëf, de sorte que nous soyons tous sur un pied d’égalité, et sur base du principe selon lequel les armes ne doivent être détenues que par les forces de sécurité ». Le leader du courant du Futur a affirmé en outre que « tout propos sur l’existence d’el-Qaëda au Liban est une pure fabrication des services de renseignements syriens ».
Sur ce plan, le député du bloc du Futur Nohad Machnouk a estimé que « le ministre Ghosn a fait passer le message que lui a transmis la Syrie », insistant sur le fait que « les sunnites de Ersal et du Liban ne sont pas en danger et n’ont pas peur ».
Jugeant pour sa part que « le recours à l’épouvantail d’el-Qaëda dessert l’armée syrienne », le député du bloc du Futur Khaled Daher a estimé que la récente conférence de presse de M. Frangié (défendant les propos du ministre Ghosn) « n’était pas réussie, puisqu’elle a nui aux présidents de la République et du Conseil ».
De son côté, le député Nidal Tohmé a estimé que « les propos du ministre Ghosn le désavantagent, puisque quels que soient les faits qu’il avance, son insistance sur l’existence de terroristes doit s’accompagner de leur poursuite et de leur arrestation effective (...) en vertu de son devoir national ». Reste que, comme l’a souligné le député FL Antoine Zahra, « le gouvernement est divisé et chaque camp tente de marquer des points au détriment de l’autre ». M. Zahra a rappelé dans ce cadre que « le ministère de la Défense est l’autorité de tutelle de l’armée, qui doit être présente aux frontières pour y empêcher toute infiltration ».


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