Aux menaces de sanctions contre ses exportations de brut brandies ces derniers jours par les États-Unis, l’Iran a répondu, dans un premier temps, en agitant le spectre d’une fermeture du détroit d’Ormouz – par où transitent 35 pour cent du trafic pétrolier maritime –, dans un second temps en procédant à des manœuvres navales avec essais réussis de missiles de croisière de longue, moyenne et courte portée, enfin en franchissant un nouveau pas dans son programme nucléaire avec la mise au point de barres de combustibles destinées à ses réacteurs. Autant d’initiatives qui ne sont pas faites pour rassurer une opinion mondiale inquiète devant la danse de guerre ainsi entamée. Il est possible que cette nouvelle phase d’une délicate partie engagée depuis de longs mois s’apparente à des gesticulations relevant du classique « retenez-moi-ou-je-fais-un-malheur ». Mais outre que l’on voit mal, à ce niveau de la confrontation, qui pourrait jouer les arbitres, le moindre faux pas, d’un côté ou de l’autre, risque de déboucher sur l’irréparable. D’autant plus que nombreux sont les va-t-en-guerre qui se bousculent pour souffler sur les braises. Cela va de ceux qui ne s’embarrassent pas de subtilités – « Rien à craindre. Obama est motivé, de même que son équipe, et le gouvernement israélien est prêt. Alors, allons-y ! » – à ceux qui procèdent par déductions en jouant sur le temps qui reste – « Neuf mois seulement avant qu’il ne soit trop tard » –, en passant par les candidats à l’investiture du Parti républicain US, tel inénarrable Rick Santorum qui joue la partition du « Si je suis élu, je n’hésiterai pas un instant à bombarder l’Iran. » Cet ancien sénateur de Pennsylvanie va même jusqu’à accuser Barack Obama d’avoir, par ses atermoiements, transformé son pays en tigre de papier, sans trouver de contradicteur pour lui rétorquer que l’accusation avait déjà servi au Grand Timonier, du temps où, à 73 ans, il piquait une tête dans les eaux du Yangtse (15 kilomètres en 65 minutes, qui dit mieux ? ...).
Fort heureusement, il reste dans la capitale fédérale des hommes qui savent raison garder. Dimanche, deux anciens analystes de la Central Intelligence Agency invitaient le chef de l’exécutif à mettre fin « immédiatement au torrent de propagande guerrière contre l’Iran » dont le seul résultat, affirmaient-ils sur le site consortiumnews.com, sera la destruction, et de l’État d’Israël et de l’économie mondiale. Leur conclusion : « Vous savez que malgré les efforts herculéens déployés, les services de renseignements n’ont pas pu prouver l’existence d’un programme nucléaire à des fins militaires. » Paroles d’anciens de la maison de Langley.
La semaine dernière, le président de la commission de la Sécurité et des Affaires étrangères du Majlis, Alaeddine Boroujerdi, avait favorablement accueilli une éventuelle visite d’inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique, une démarche, disait-il, susceptible de permettre l’élaboration d’un rapport réaliste. Le geste attend encore réponse, alors même que deux précédentes invitations n’ont reçu aucune suite de l’organisation basée à Vienne. Il faut dire que le successeur de Mohammad el-Baradei, Yukiya Amano, est décrit dans un document de WikiLeaks comme étant « indéfectiblement dans le camp US pour toute décision stratégique » et que l’homme n’a pas lésiné, sans résultat apparent, sur les moyens de surprendre ces Iraniens, décidément infréquentables, le doigt dans le pot de confiture.
Des fuites soigneusement filtrées par les instances dirigeantes américaines, il ressort que le choix des généraux devra porter sur l’une des options suivantes : l’attaque préventive, les raids-surprise, la riposte à des agressions iraniennes, sans négliger l’éventualité de l’accident. Le général Martin E. Dempsey, chef d’état-major interarmes, recourt à des formules que ne désavoueraient pas les diplomates, déclarant tantôt examiner « un vaste éventail d’options » et tantôt être prêt à déclencher une frappe militaire « si cela s’avère nécessaire ». Il est rejoint en cela par Leon Panetta, le patron du Pentagone, pour qui « aucune possibilité n’est à écarter ». Comme pour ne pas être en reste, les Israéliens ont chaussé à leur tour leurs rangers. « Le moment est venu d’en finir avec l’Iran », tonne Ehud Barak, ministre de la Défense, précédé dès le 6 novembre par cette fausse colombe de Shimon Pérès qui avait affirmé qu’une attaque contre l’Iran est « de plus en plus probable » et suivi par le Premier ministre Benjamin Netanyahu (« Nous prendrons la bonne décision au bon moment »).
Bellicisme israélien et présidentielle américaine d’un côté, sourde lutte Khamenei-Ahmadinejad pour le pouvoir et dégradation des conditions de vie d’un autre côté : y a-t-il quelqu’un pour prendre des paris ?
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"La politique est une guerre non sanguinaire, la guerre est une politique sanguinaire" disait le grand timonier chinois de 73 ans qui piquait une tête dans le Yang Tsé, merci Merville de l'avoir cité en allusion à l'engagement de Rick Santorum de bombarder l'Iran s'il était élu. Bombarder l'Iran est une décision israélienne et rien qu'israélienne, les candidats diront ce qu'ils veulent , l'ordre ne viendra que des sionistes. Mais il se trouvent que ces lâches n'attaquent que quand la proie est faible ou affaiblie, mais il se trouve que cette fois ci la proie a du répondant, et pas n'importe où, chez eux dans leurs écoles , leurs rues leurs stations à essence, leurs bus leurs lieues de villégiature seront soumis à rude épreuve, et ça ils ne le supporteront pas, même si de leur côté la destruction sera énorme , du nôtre elle sera massive, et la déclaration du chef du mossad qui disait l'autre jour qu'un Iran détenteur de la bombe atomique ne serait pas un problème existentiel pour les israéliens est faite pour calmer la frayeur des habitants qui ne penseraient qu'à une chose; quitter les terres usurpées.Des guerres, ils iront les trouver ailleurs, chez nous ils ont perdu la main. Passe sans voir.
11 h 32, le 03 janvier 2012