Le ministre de l’Économie et du Commerce, Nicolas Nahas, a ainsi pris hier la défense du Premier ministre, Nagib Mikati, soulignant dans ce cadre que ce dernier « ne signe pas quelque chose dont il n’est pas convaincu ». « Cela s’applique également au décret relatif au réajustement des salaires, notamment suite à l’accord entre le patronat et la CGTL, a-t-il poursuivi. Par conséquent, il est difficile d’aller à l’encontre des deux parties. »
Rappelons que M. Mikati avait déclaré récemment qu’il « ne signera pas le décret sur le réajustement des salaires si l’accord entre le patronat et la centrale syndicale n’est pas consacré ». Signé le 21 décembre au palais de Baabda, cet accord, qualifié d’« historique » par les milieux syndicaux, prévoyait les mesures suivantes : un salaire minimum fixé à 675 000 LL ; des indemnités de transport inchangées et non incluses dans le salaire ; une augmentation de 200 000 LL pour la tranche comprise entre 500 000 et un million de LL, de 50 000 LL supplémentaires (en plus des 200 000 LL) pour la tranche comprise entre un million et 1,5 million de LL, et de 50 000 LL supplémentaires au-delà de 1,5 million de LL (soit au total 300 000 LL pour les salaires supérieurs à 1,5 million de LL). Les bourses scolaires étaient fixées à 750 000 LL par enfant par an (au lieu de 500 000 LL) avec un plafond de 1,5 million de LL par an (au lieu de 1 million).
Répondant à M. Mikati, le ministre du Tourisme, Fadi Abboud, a affirmé que le Premier ministre ne peut pas s’abstenir de signer le décret, soulignant dans ce cadre que « la Constitution est claire sur ce point ». « Le Conseil d’État a un droit de regard sur la conformité de la décision à la législation en vigueur après l’aval en Conseil des ministres », a-t-il précisé.
De son côté, le ministre d’État pour la Réforme administrative, Mohammad Fneich, a appelé « à respecter la décision du Conseil des ministres » et « à ne pas anticiper la décision du Conseil d’État ».
L’ancien Premier ministre Sélim Hoss a pour sa part critiqué le gouvernement actuel, soulignant que « son échec à prendre une décision concernant le réajustement des salaires, qui est d’ailleurs inévitable, pose des points d’interrogation sur sa capacité à prendre des décisions face aux échéances locales et régionales qui pourraient déboucher sur une conjoncture économique plus difficile que celle de 2011, dans la mesure où le taux de croissance prévu du PIB pourrait être l’an prochain inférieur à celui de l’année écoulée et des années précédentes ». « Il en est de même pour la balance de paiements qui pourrait ne pas être en faveur du Liban », a conclu M. Hoss.

