Selon les autorités locales, les victimes, des jeunes pour la plupart, se livraient avec des mules et des ânes à une contrebande de cigarettes entre l’Irak et la Turquie, pays voisins. Toutefois, l’armée a annoncé que son opération visait des séparatistes kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit) qui tentaient de s’infiltrer en Turquie. « La zone où se sont produits les faits est celle de Sinat-Haftanin, située dans le nord de l’Irak, qui n’abrite pas de population civile et où se trouvent des bases de l’organisation terroriste », le PKK, a indiqué l’état-major dans un communiqué en ligne. Les avions turcs ont pilonné cette zone après que des drones eurent signalé « un mouvement vers notre frontière », a précisé l’armée.
Un porte-parole du PKK en Irak, Ahmet Deniz, a affirmé que les victimes étaient des trafiquants et que « le gouvernement turc était au courant » de leurs activités. « Notre parti n’a pas de base dans cette zone », a-t-il dit avant de condamner « un massacre » visant, selon lui, le peuple kurde.
Il s’agit de l’incident le plus grave de ces dernières années impliquant des civils dans le conflit kurde en Turquie. Selahattin Demirtas, chef du BDP (Parti pour la paix et la démocratie), principale formation prokurde de Turquie, a dénoncé un « massacre », assurant que l’ensemble des victimes étaient des civils. Le BDP a organisé une manifestation qui a réuni plus de 2 000 personnes sur la place centrale de Taksim (partie européenne) à Istanbul, pour protester contre le raid de l’armée. Ce rassemblement a dégénéré en heurts avec les forces de l’ordre. Les manifestants ont scandé des slogans favorables au PKK et à son chef emprisonné, Abdullah Öcalan. Des heurts se sont également produits à Diyarbakir et Sirnak, deux villes du sud-est anatolien peuplé en majorité de Kurdes, où les manifestants ont jeté des pierres et des coktails Molotov sur la police qui a riposté avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau, selon des sources locales de sécurité.
(Source : AFP)


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