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Moyen Orient et Monde - Russie

Poutine rejette définitivement l’annulation des élections

Le PM dénigre l’opposition et assure n’avoir besoin d’aucune « tricherie ».

Poutine a dénoncé hier l’hétérogénéité de l’opposition. Photo Yana Lapikove/Reuters

Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a opposé hier une fin de non-recevoir aux appels de l’opposition à annuler les résultats des législatives controversées du 4 décembre, et qui ont donné lieu à plusieurs manifestations dans le pays.
S’exprimant au sujet de la présidentielle de mars 2012 devant ses partisans du Front populaire, un rassemblement de partis, de syndicats et d’associations propouvoir, il a assuré ne pas avoir besoin de falsifier ce scrutin pour le remporter. « En tant que candidat, je n’ai besoin d’aucune tricherie. Je veux que l’élection soit la plus transparente possible. Et que ce soit clair pour tout le monde, je veux m’appuyer sur l’expression de la volonté populaire, sur leur confiance », a déclaré l’ex-agent du KGB qui, après quatre ans comme Premier ministre, veut revenir en 2012 à la présidence russe, qu’il avait dû quitter après deux mandats consécutifs.
Il réagissait à la manifestation de samedi qui a rassemblé entre 70 000 et 100 000 personnes à Moscou, selon les estimations des médias, pour réclamer des élections libres en Russie et l’annulation des résultats des législatives, remportées par le parti au pouvoir, Russie unie. Ce scrutin, émaillé de fraudes selon les opposants et les observateurs, est à l’origine de cette mobilisation exceptionnelle.
Mais M. Poutine a minimisé hier une nouvelle fois l’importance de ce mouvement de contestation, pourtant sans précédent depuis son arrivée au sommet du pouvoir en 2000. Les opposants « n’ont pas de programme unifié, pas de moyens clairs et compréhensibles d’atteindre des objectifs qui ne sont pas clairs non plus, et n’ont pas de gens capables de faire des choses concrètes », a-t-il déclaré. « Le discours (de l’opposition) qui ressort vise à délégitimer et dévaluer tout ce qui se passe dans la sphère publique, y compris et avant tout le processus électoral, les élections », a-t-il ajouté. Rappelons que M. Poutine avait déjà dénigré à plusieurs reprises les opposants, les accusant notamment d’être à la solde des Occidentaux et les comparant à la tribu de singes du Livre de la jungle.

L’idéologue Sourkov, vice-Premier ministre
Ces propos très fermes interviennent alors que l’un de ses proches, l’ex-ministre des Finances Alexeï Koudrine, qui soutient en partie les revendications des manifestants, a affirmé hier au journal Vedomosti que l’homme fort du pays était prêt au dialogue. Lors du rassemblement, M. Koudrine, qui a quitté le gouvernement à l’automne après un conflit avec le président Dmitri Medvedev mais est resté proche de M. Poutine de l’aveu de ce dernier, avait appelé à un « dialogue » entre pouvoir et opposition afin d’éviter une « révolution ».
Par ailleurs, M. Medvedev, qui face au mécontentement avait promis des réformes du système politique, a annoncé hier soir la nomination du chef adjoint de l’administration présidentielle Vladislav Sourkov, considéré comme un idéologue du régime russe, au poste de vice-Premier ministre en charge de la modernisation. Figure honnie par l’opposition, le départ de Sourkov du Kremlin ne laisse cependant pas présager une libéralisation du régime, au regard de l’identité de son remplaçant Viatcheslav Volodine au poste de chef de l’administration du Kremlin.
De son côté, l’alliance hétéroclite organisant les manifestations d’opposition n’a pour le moment pas annoncé la date de sa prochaine action, alors que la Russie s’engage dans une longue période de jours fériés du 1er au 10 janvier.
(Source : AFP)
Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a opposé hier une fin de non-recevoir aux appels de l’opposition à annuler les résultats des législatives controversées du 4 décembre, et qui ont donné lieu à plusieurs manifestations dans le pays.S’exprimant au sujet de la présidentielle de mars 2012 devant ses partisans du Front populaire, un rassemblement de partis, de syndicats et d’associations propouvoir, il a assuré ne pas avoir besoin de falsifier ce scrutin pour le remporter. « En tant que candidat, je n’ai besoin d’aucune tricherie. Je veux que l’élection soit la plus transparente possible. Et que ce soit clair pour tout le monde, je veux m’appuyer sur l’expression de la volonté populaire, sur leur confiance », a déclaré l’ex-agent du KGB qui, après quatre ans comme Premier ministre, veut revenir...
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