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Liban - Solidarité

À l’USJ, une initiative de soutien à la lutte des petits artisans

Le CSH offre, pour la 4e année consécutive, un espace gratuit aux petits artisans, pour les aider à accroître leur visibilité, tout en répandant un air de fête... à une période où chaque Libanais souffre d’une précarité de vie ardue.

Les mains créent « l’original et le naturel ».

Les couleurs de l’artisanat tapissent, depuis le 12 décembre et jusqu’à aujourd’hui, le hall aux dalles grises du campus des sciences humaines de l’USJ (rue de Damas) : des stands composés de chaises et de quelques tables en plastique exposent des créations manuelles, chacune porteuse d’une innovation toute particulière, où s’exprime, comme une échappatoire ou un cri de résistance, l’histoire de l’artisan. Chaque objet recèle en effet les gouttes de patience du façonnier, et les marques minutieuses d’un savoir-faire qui se déploie dans l’espace apaisant de la création. Sensible à la richesse d’un artisanat qui peine à trouver un public réceptif, sur un terrain qui est pourtant le sien, la cellule de l’aménagement touristique et culturel de l’USJ, dirigée par Liliane Barakat, offre depuis 2008 un espace d’exposition gratuit, et exempt de toute commission sur les ventes, aux artisans indépendants qui ne disposent pas d’un lieu d’exposition fixe. « L’idée d’organiser le souk de Noël vise à attirer les petits artisans, en leur offrant le hall, des tables et des chaises, afin de leur accorder une certaine visibilité dans un lieu largement fréquenté au quotidien », explique Mme Barakat. « C’est aussi l’occasion pour nous de créer un esprit de Noël tout en proposant aux acheteurs des cadeaux à prix réduits », ajoute-t-elle. D’autres activités, comme des concerts et des récitals, animent la période des fêtes sur le campus, reflétant le souci de l’administration d’aviver constamment la vie universitaire. Inscrit dans le cadre de l’Opération 7e Jour (programme d’engagement civique initié par l’USJ), le souk de Noël transmet un air de fête, en tendant la main à une tranche dynamique de la société souvent oubliée.

Promenade
Un tour dans le hall permet de découvrir un achalandage coloré, à la simplicité éloquente.
Serviettes veloutées sur lesquelles une artisane sereine aux yeux clairs coud instantanément le nom du client ; cadres et figurines en bois où se déploie la créativité fonctionnelle d’une institutrice en quête d’escapade ; bagues et bracelets reluisants qui font la fierté d’une jeune mère, colliers exotiques d’une retraitée avide de culture, et ses petites toiles, caressées par une mélancolie rêveuse ; chapelets émaillés d’un blessé de guerre, abrité depuis plusieurs années par l’association Arcenciel ; écharpes et cache-nez tricotés avec la digne affection d’une artisane, patiente et pieuse ; bougies agrémentées de couleurs festives ; plateaux gravés et figurines en terre cuite, imprégnés de la féminité, tranquille et retenue, de leur fabricante ; poteries animées par l’éclatante vigueur de leur jeune artiste peintre ; draperies minutieusement tissées par les mains de handicapés au nom desquels une religieuse dévouée participe à l’exposition... Autant de formes qui se tissent et d’histoires qui s’entremêlent, et auxquelles les passants ne restent pas insensibles.

Griefs partagés
Une jeune étudiante, pressée d’aller en cours, ne peut s’empêcher de s’arrêter au stand des bonnets en laine. Elle essaie quelques modèles, mais sans parvenir à se constituer une solide conviction d’achat. « Celui-ci va très bien à votre teint », lui confie Jenny, la tenante du stand, avec un sourire patient, qu’elle lui rend. Percevant l’hésitation de sa cliente, elle lui affirme, paisiblement, qu’elle n’est pas obligée d’acheter si elle n’en est pas convaincue. L’étudiante poursuit alors son chemin, en pensant au prix plus que raisonnable du bonnet qu’elle aurait pu acheter, ne serait-ce qu’en reconnaissance pour le travail respectable, et surtout l’attitude digne de l’artisane... « Nous sommes à même de comprendre les circonstances pécuniaires des étudiants, que nous traversons nous-mêmes », explique Jenny. La plupart des artisans du souk de Noël relèvent en effet « une baisse des ventes par rapport aux années précédentes, alors que les prix ne dépassent pas en moyenne les 15 000 livres libanaises ». Toutefois, ils ne sen plaignent pas. « L’USJ nous offre cet espace gratuitement, c’est déjà suffisant », estiment-ils, soulignant le fait que « cette exposition permet une interaction très intéressante avec les passants ». En effet, alors que certains tendent à percevoir l’artisanat comme un secteur désuet et « n’achètent que les produits des grands centres commerciaux, qui sont souvent les mêmes que les nôtres, mais à des prix multipliés », selon Jenny, beaucoup sont toujours attirés par les créations manuelles, reflet du patrimoine, mais aussi de la discipline de travail. Pour Cécile, étudiante blonde et vivace, « c’est original et naturel, je mettrai bien ce vase dans mon salon, pas vous ? »
Les couleurs de l’artisanat tapissent, depuis le 12 décembre et jusqu’à aujourd’hui, le hall aux dalles grises du campus des sciences humaines de l’USJ (rue de Damas) : des stands composés de chaises et de quelques tables en plastique exposent des créations manuelles, chacune porteuse d’une innovation toute particulière, où s’exprime, comme une échappatoire ou un cri de résistance, l’histoire de l’artisan. Chaque objet recèle en effet les gouttes de patience du façonnier, et les marques minutieuses d’un savoir-faire qui se déploie dans l’espace apaisant de la création. Sensible à la richesse d’un artisanat qui peine à trouver un public réceptif, sur un terrain qui est pourtant le sien, la cellule de l’aménagement touristique et culturel de l’USJ, dirigée par Liliane Barakat, offre depuis 2008...
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