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Couverture spéciale de la révolte en Égypte - Abus

Volée de bois vert contre le pouvoir militaire

Le CSFA « regrette profondément les atteintes » aux manifestantes.
Les affrontements qui ont fait 13 morts et des centaines de blessés en cinq jours au Caire embarrassaient hier le pouvoir militaire, accusé dans le monde de brutalité envers les manifestants, en particulier pour l’utilisation de balles et le traitement des femmes.
Dans la soirée, le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige l’Égypte depuis la chute en février du président Hosni Moubarak, a exprimé aux femmes d’Égypte, sur sa page Facebook, « ses profonds regrets pour les atteintes qui se sont produites lors des affrontements récents au cours des manifestations devant le Parlement et le siège du gouvernement ». L’armée prendra « toutes les mesures légales pour que les responsables de ces atteintes rendent des comptes », poursuit le communiqué, publié quelques heures après une manifestation qui a rassemblé environ 2 000 femmes au Caire pour dénoncer les attaques contre des manifestantes.
Le Dr Ihsane Kamil Georgi, chef de la médecine légale égyptienne, a par ailleurs annoncé un bilan de 13 morts depuis le début des affrontements vendredi, dont neuf « atteints par balles », précisant que seuls 10 corps avaient été autopsiés pour le moment. Le CSFA assure cependant que les forces de sécurité n’utilisent pas de balles réelles, en dépit de vidéos largement diffusées montrant des militaires tirant sur les manifestants avec des armes à feu. Un responsable du ministère de la Santé, Adel Adaoui, a en outre précisé sur la télévision d’État que sur plus de 600 blessés depuis vendredi, 106 étaient toujours hospitalisés. Le ministre de l’Intérieur Mohammad Ibrahim a pour sa part appelé les forces de sécurité à « la plus grande retenue », lors d’une inspection aux environs de la place Tahrir, haut lieu de la contestation. Le quotidien indépendant Tahrir fustigeait de son côté en une « les forces qui attentent à l’honneur », avec une photo d’un soldat tenant une femme par les cheveux tandis qu’un autre brandissait une matraque au-dessus d’elle.
Un groupe de députés récemment élus aux législatives se sont par ailleurs rassemblés devant la Cour suprême pour exiger la fin des violences contre les manifestants et l’ouverture d’une enquête. Hier avant l’aube, au moins quatre personnes ont été blessées dans des affrontements sur la place Tahrir entre police antiémeute et protestataires, avec jets de pierres et tirs par balle, avant un retour au calme dans la matinée.
Les réactions internationales ne se sont pas fait attendre. Les violences envers les manifestantes sont indignes de la révolution et « déshonorent l’État » égyptien, a accusé la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, dans un langage fort peu diplomatique. La haut-commissaire aux Droits de l’homme de l’ONU, Navi Pillay, a condamné de son côté « la répression brutale » des manifestations, tandis que la France a dénoncé, pour la deuxième fois en cinq jours, « l’usage disproportionné » de la force contre les manifestants, et décidé d’envoyer sur place son ambassadeur chargé des Droits de l’homme, François Zimeray.
Rappelons que les heurts avaient éclaté vendredi entre les forces de l’ordre et des manifestants qui campaient depuis fin novembre devant le siège du gouvernement pour protester contre la nomination par l’armée comme Premier ministre de Kamal el-Ganzouri, qui avait déjà occupé ce poste sous Hosni Moubarak. Les manifestants réclament également la fin du pouvoir militaire, visant en particulier le chef de l’armée et chef d’État de fait, le maréchal Hussein Tantaoui.
(Source : AFP)
Les affrontements qui ont fait 13 morts et des centaines de blessés en cinq jours au Caire embarrassaient hier le pouvoir militaire, accusé dans le monde de brutalité envers les manifestants, en particulier pour l’utilisation de balles et le traitement des femmes.Dans la soirée, le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige l’Égypte depuis la chute en février du président Hosni Moubarak, a exprimé aux femmes d’Égypte, sur sa page Facebook, « ses profonds regrets pour les atteintes qui se sont produites lors des affrontements récents au cours des manifestations devant le Parlement et le siège du gouvernement ». L’armée prendra « toutes les mesures légales pour que les responsables de ces atteintes rendent des comptes », poursuit le communiqué, publié quelques heures après une manifestation qui a...