La petite communauté hindouiste russe et des défenseurs de droits de l’homme ont dénoncé le procès intenté devant un tribunal de Tomsk (Sibérie) pour interdire la Bhagavad-Gita, un livre sacré indien, soupçonné « d’inciter à un comportement extrémiste ».
« Le parquet de Tomsk a saisi la justice en exigeant que la Bhagavad-Gita soit reconnue comme littérature extrémiste », a déclaré à l’AFP une porte-parole du tribunal Léninski de Tomsk, Ella Kareva.
Écrit en sanskrit entre le IIe et le Ve siècle avant notre ère, la Bhagavad-Gita est l’un des textes de base de l’hindouisme.
Le procès, qui avait débuté en juin, a repris cette semaine après avoir été suspendu pour procéder à une nouvelle expertise linguistique de l’ouvrage, a précisé la porte-parole du tribunal.
Des experts de l’Université de Tomsk avaient affirmé que le livre contenait une incitation à l’extrémisme avant d’annuler leurs conclusions, selon le site d’information local TV2.
Une nouvelle expertise effectuée par des experts de l’Université de Kemerovo (Sibérie orientale) a établi que « certaines phrases » de ce livre de quelque 800 pages pouvaient être qualifiées d’incitation à l’extrémisme, a indiqué ce site, sans plus de précisions.
« Juger un livre d’après un mot isolé est absurde », a déclaré à l’AFP un porte-parole de la Société russe pour la conscience de Krishna, Iouri Plechakov.
De son côté, la déléguée de la présidence russe pour les droits de l’homme à Tomsk, Nelli Kretchetova, a appelé le tribunal à faire preuve de bon sens. « Près d’un milliard de personnes à travers le monde considèrent ce livre comme sacré », a-t-elle souligné, selon les médias locaux.
Ce procès a provoqué l’indignation en Inde, où plus de 60 % de la population confesse l’hindouisme. Une manifestation a notamment eu lieu lundi près du consulat de Russie à Calcutta.


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