Cette attaque du Premier ministre turc intervient à quelques jours de l’examen par les députés français d’un texte de l’UMP rendant illégale la négation du génocide arménien de 1915.
« Ceux qui veulent étudier un génocide feraient mieux de se retourner sur leur passé et de se pencher sur leur propre histoire, sale et sanglante », a-t-il dit à l’issue d’un entretien avec le président du Conseil national de transition libyen (CNT), Mustapha Abdeljalil.
« Si l’Assemblée nationale française veut s’intéresser à l’histoire, qu’elle prenne la peine de s’enquérir sur les événements en Afrique, au Rwanda et en Algérie. Qu’elle fasse des recherches pour savoir combien de personnes les soldats français ont tuées, comment ils les ont tuées et avec quelles méthodes inhumaines », a ajouté le chef du gouvernement turc, dont c’est la première déclaration depuis son opération chirurgicale.
L’adoption éventuelle par les députés français d’une proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien provoquera des « dégâts majeurs » dans les relations commerciales franco-turques, a prévenu hier un influent groupement économique turc.
À l’heure actuelle, 960 entreprises françaises ont des activités en Turquie et « rien qu’en 2011, 90 nouvelles compagnies françaises se sont implantées » dans le pays, a tenu à rappeler le patron de la puissante Union des Chambres de commerce et des Bourses de Turquie (TOBB), Rifat Hisarciklioglu, estimant que l’approbation du texte par le Parlement français suscitera des tensions commerciales et possiblement un boycottage des produits français par les consommateurs turcs.
Vendredi, Ankara a prévenu la France que les relations entre les deux pays risquaient de subir de graves conséquences si le Parlement français votait la loi rendant illégale la négation du génocide arménien de 1915.
Le président Nicolas Sarkozy avait froissé la Turquie début octobre en lui donnant quelques mois pour reconnaître le génocide arménien de 1915, faute de quoi la France pourrait légiférer pour sanctionner pénalement le négationnisme turc.
La proposition de loi, soumise par l’UMP, le parti majoritaire, doit être examinée jeudi à l’Assemblée nationale. La commission des Lois de l’Assemblée a adopté le 7 décembre à l’unanimité moins deux voix ce texte, qui prévoit une peine d’un an de prison et une amende de 45 000 euros en cas de contestation du génocide.
Les relations entre Ankara et Paris sont déjà très tendues en raison du refus de la France de voir la Turquie adhérer à l’Union européenne. Les négociations ont commencé en 2005, mais de nombreux chapitres sont actuellement bloqués par Paris.
(Source : agences)


Il a un peu pris la grosse tête, cet Erdogan, depuis l'histoire de la flotille, en passant par ses rôles divers et variés dans les problèmes de la région... Ok, mais ce n'est pas une raison pour jouer au négationniste en refusant de reconnaître le génocide arménien.
06 h 29, le 19 décembre 2011