« Le bilan s’est alourdi à 143 morts », a indiqué le directeur des services de santé de l’État du Bengale occidental Shyamapada Basak. La police a arrêté dix personnes en lien avec le drame, a-t-il ajouté, précisant que des habitants en colère ont mis à sac des distilleries locales. Les victimes, pour la plupart trop pauvres pour s’acheter des alcools de marque, sont originaires de dix villages frontaliers du Bangladesh. Elles avaient acheté mardi de l’alcool dans des bars clandestins ou auprès de contrebandiers.
Les trois hôpitaux les plus proches ont en outre accueilli des dizaines de patients grièvement malades, ayant perdu connaissance ou se plaignant de douleurs abdominales et de brûlures à l’estomac. Plus de 100 personnes étaient d’ailleurs encore hospitalisées hier, dont un garçon de 12 ans qui aurait bu de l’alcool en pensant qu’il s’agissait d’eau, selon des sources hospitalières.
La chef du gouvernement du Bengale occidental, Mamata Banerjee, a annoncé l’ouverture d’une enquête et le versement de 2 800 euros à titre de compensations financières pour chaque famille de victimes.
Selon Johnson Edayaranmulah, le directeur du groupe de pression Indian Alcohol Policy Alliance, qui milite pour la mise en œuvre de politiques responsables en matière de consommation d’alcool, les morts dues à des boissons frelatées sont monnaie courante en Inde. « On trouve de l’alcool clandestin partout en Inde. La loi n’est pas appliquée et il existe un lien contre nature entre les autorités – police, hommes politiques, douanes – et les contrebandiers », a-t-il accusé.
(Source : AFP)

