Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a ainsi exprimé son malaise hier au sujet des « propos irresponsables » récemment tenus par certaines autorités iraniennes, qui menaçaient de frapper en Turquie le bouclier antimissile de l’OTAN. « Nous avons transmis les avertissements nécessaires (...) », a-t-il ainsi dit dans un entretien à l’agence de presse turque Anatolie. Le ministre iranien a expliqué que seul le président (Mahmoud Ahmadinejad), le guide suprême (l’ayatollah Ali Khamenei) et lui-même étaient habilités à exprimer la ligne officielle sur la politique étrangère de l’Iran. M. Salehi s’est en outre félicité de « l’excellent niveau » des rapports politiques et économiques actuels entre la Turquie et l’Iran, « des relations qui reposent sur une grande fraternité et amitié ».
Parallèlement, le ministre iranien du Renseignement, Heydar Moslehi, a tenté, lors d’une visite lundi à Riyad, de convaincre les dirigeants saoudiens que Téhéran n’était pas impliqué dans un complot présumé contre l’ambassadeur d’Arabie saoudite à Washington. M. Moslehi a rencontré à Riyad le prince héritier, Nayef ben Abdel Aziz, qui est également ministre de l’Intérieur, ainsi que le chef des services secrets saoudiens, Mogran Ben Abdel Aziz.
Ormuz restera ouvert...
Sur un autre plan, Téhéran a démenti hier toute intention de fermer le détroit d’Ormuz par où transite 40 % du trafic pétrolier mondial, en réponse à une rumeur qui a fait flamber mardi les marchés pétroliers. De son côté, le ministre iranien du Pétrole, Rostam Ghassemi, a déclaré que son pays « ne redoute pas » un possible embargo pétrolier de l’Union européenne, jugeant peu probable que les Européens prennent une telle mesure. Si des sanctions européennes étaient mises en place, « cela exacerberait les tensions sur le marché », ce qui ferait monter les prix du baril, a estimé le ministre.
D’autre part, Zbignew Brzezinski, ex-conseiller à la Sécurité nationale de l’ancien président US Jimmy Carter, a averti que les États-Unis semblent engagés dans des relations si conflictuelles avec l’Iran qu’elles pourraient mener à une guerre aux conséquences « désastreuses de manière massive et à l’échelle globale. Nous croyons que nous pourrons éviter la guerre en recourant à des mesures de contrainte » telles que les sanctions pour forcer l’Iran à renoncer à son programme d’armement nucléaire, a-t-il observé. Mais, a-t-il ajouté, « plus vous utiliserez la contrainte et plus, si elle ne marche pas, grandira le risque d’entrer en guerre. Ce qui réduit de manière dramatique notre marge de manœuvre ». M. Brzezinski s’est dit préoccupé par l’escalade « rhétorique » entre les deux pays. « Beaucoup de petites décisions sont prises qui diminuent notre liberté d’action à l’avenir », a-t-il insisté.
Toujours concernant un probable conflit entre Washington et Téhéran, le président afghan Hamid Karzaï a appelé hier les États-Unis et l’Iran à ne pas utiliser son pays comme terrain de leurs différends, après la capture par Téhéran d’un drone américain parti d’Afghanistan. Selon la presse américaine, le drone était en mission d’observation des sites nucléaires iraniens pour le compte de la CIA. « L’Afghanistan a maintenu et désire maintenir ses relations amicales avec l’Iran, donc nous ne voulons être impliqués dans aucune relation hostile entre l’Iran et les États-Unis », a déclaré M. Karzaï, appelant les deux ennemis au respect de « la souveraineté » et de « l’intégrité territoriale » de l’Afghanistan.
(Sources : rédaction et agences)


Kamel, ne te base pas mon ami sur les titres. C'est tout comme les titres des nouvelles à la TV. Souvent la nouvelle n'a rien à voir avec son titre. Anastase Tsiris
09 h 14, le 15 décembre 2011